LE FIL

Ver de la grappe

C’est le moment de compter les glomérules des larves d’eudemis

Mercredi 27 mai 2020 par Marion Bazireau

Xavier Burgun invite aussi les viticulteurs à compter les larves.
Xavier Burgun invite aussi les viticulteurs à compter les larves. - crédit photo : Xavier Burgun - IFV
Pour savoir s'il vous faudra traiter dans un mois, prenez 5 minutes et comptez les amas de boutons floraux sur 25 grappes.

Pour se nourrir et s’abriter, les larves issues de la ponte de première génération des tordeuses eudemis regroupent les boutons floraux en produisant du fil de soie. Actuellement visibles au vignoble, ces « glomérules » donnent une bonne idée des dégâts que pourront réaliser les larves de la deuxième génération de papillons dans un mois. 

En Nouvelle-Aquitaine, à l’Institut Français de la Vigne et du Vin, Xavier Burgun recommande d’observer le nombre de glomérules sur 25 grappes sur 5 ou 6 parcelles afin d’évaluer la pression sur un îlot. « A partir de 5 glomérules pour 100 grappes, une intervention sur la deuxième génération est à prévoir. Si les vignerons comptent plus de 30 glomérules sur 100 grappes, le risque potentiel sera fort et plusieurs traitement pourront être envisagés. En revanche, traiter sur la génération en cours n'est justifié que si on observe aussi des oeufs, et que l'on en compte plus de 10 pour 100 grappes » détaille-t-il.

Lorsque le viticulteur a mis en place la confusion sexuelle sur sa parcelle, une intervention n'est recommandée qu'à partir de 50-60 glomérules pour 100 grappes, « où 30 glomérules avec chenilles vivantes pour 100 inflorescences » précise Xavier Burgun, qui invite les viticulteurs à dédier 5 minutes supplémentaire au comptage des larves.

A chaque région son seuil de risque

Ces recommandations changent en fonction des régions. De manière schématique, le risque est avéré lorsque l'on dénombre entre 30 et 80 glomérules pour 100 inflorescences en région septentrionnale, et 200 glomérules en région méridionale. Les vignerons doivent donc suivre les préconisations données par leurs différents Bulletins de Santé du Végétal (BSV) afin de définir leur stratégie de protection. Ils peuvent également prendre en compte l’historique de leurs parcelles, notamment sur le plan du botrytis, la charge des ceps, et la sensibilité de leurs cépages. Par exemple, dans le Val de Loire, le chenin est plus à risque que le cabernet-franc à la pellicule épaisse et aux grappes plus lâches qui permettent une meilleure aération des baies.

"85 glomérules aux 100 grappes à Lalande-de-Pomerol "

Pour l’heure, la pression est faible dans la plupart des régions. C'est particulièrement vrai en Bourgogne. Dans le BSV du 26 mai, les techniciens viticoles ne faisaient état que deux parcelles dépassant les 10 glomérules aux 100 grappes, une à Chablis, et une à Beaune, sur 146 comptages réalisés. « Dans 65% des situations, aucun glomérule n'a été noté » précisaient-ils. A la même date à Gaillac, les techniciens témoignaient d'une moyenne de 10 à 40 glomérules aux 100 grappes.

Les viticulteurs sont toutefois appelés à rester prudents, puisque, partout en France, le risque peut localement être plus fort. Xavier Burgun a ainsi dénombré une moyenne de 85 glomérules pour 100 grappes sur six parcelles à Lalande-de-Pomerol (33).

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