LE FIL

Bouée de sauvetage

Charges exonérées à 100 % et 2 millions hl à distiller à 70 €/hl pour les vins français

Lundi 11 mai 2020 par Alexandre Abellan

 Entraînée par le fond sous la force d’une tempête mondiale, la filière vin en appelle au soutien de l’Etat pour ne pas sombrer corps et âmes.
Entraînée par le fond sous la force d’une tempête mondiale, la filière vin en appelle au soutien de l’Etat pour ne pas sombrer corps et âmes. - crédit photo : Le Radeau de la Méduse, Théodore Géricault (1819, Musée du Louvre)
Dévoilant le premier calibrage de son plan sectoriel, le gouvernement français acte les demandes de son vignoble pour surmonter la crise du coronavirus.

Après le désappointement, le soulagement. Brutalement escamoté, le plan de sauvetage de la filière vin par les ministres de l’Agriculture et de l’Economie se dévoile ce 11 mai. Devant les représentants du vignoble et du négoce, Didier Guillaume et Bruno Lemaire* annoncent un premier paquet d’aides d'autant plus attendu que les trésoreries pâtissent de l’épidémie de coronavirus. Prenant les devants, l'exécutif précise que toutes ces mesures seront à compléter dans un second temps.

Pour soutenir les travaux viticoles qui battent leur plein, alors que les commercialisations sont à l’arrêt, les ministres actent une exonération à 100 % des charges sociales patronales (MSA et URSSAF) et des cotisations sociales des entreprises et exploitants employant de la main d'œuvre (AMEXA). Mais avec 100 millions d’euros, le montant actuellement évoqué par le gouvernement reste à calibrer aux besoins réels. La filière vin estime à 200 millions € les besoins pour encaisser un choc s’inscrivant dans la durée de l’arrêt des réseaux de commercialisation hors domicile (les cafés, hôtels et restaurants). Une expertise du budget nécessaire va être menée, comme pour le reste du plan sectoriel.

Moyens de crise

Prenant acte des dernières orientations de la Commission Européenne, ne débloquant pas de nouveaux fonds mais flexibilisant les leviers d’actions nationaux, les ministres valident également le principe d’une gestion de crise des volumes vins ne trouvant pas de débouchés commerciaux. Si les soutiens au stockage privé et à la vendange en vert ne sont pas encore précisés, celui de la distillation de crise prend forme, avec un premier volume acté de 2 millions d’hectolitres d’excédents et un prix moyen de 70 euros par hectolitre. Là encore, la filière présente des estimations supérieures, avec au moins 3 millions hl à distiller avec des prix de 80 €/hl pour les vins AOP/IGP et de 65 €/hl pour les VSIG. Un recensement est en cours pour consolider ces besoins concrets dans le vignoble.

A noter que les ministres réitèrent leur soutien à une demande de fonds européen de compensation des taxes américaines de 25% pour les vins français (cliquer ici pour en savoir plus). Didier Guillaume annonce ainsi défendre sa mise en place pour les exportateurs pénalisés lors du conseil des ministres européens du 13 mai. Attendant un nouveau rendez-vous d'ici la fin mai avec l'exécutif, la filière vin compte avancer rapidement sur la finalisation de ce plan sectoriel, l'objectif étant de l'acter lors du conseil spécialisé de FranceAgriMer ce 3 juin.

 

* : Ainsi que le secrétaire d’Etat Olivier Dussopt, remplaçant le ministre des Comptes Publics, Gérald Darmanin.

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