LE FIL

Comté Tolosan

Voici la première gamme de vins de cépages résistants en IGP

Lundi 09 mars 2020 par Alexandre Abellan

« Quand j’ai commencé à planter des cépages résistants en 2009, c’était pour beaucoup le pari fou d’un original » se rappelle Mickaël Raynal.
« Quand j’ai commencé à planter des cépages résistants en 2009, c’était pour beaucoup le pari fou d’un original » se rappelle Mickaël Raynal. - crédit photo : Domaine de Revel
Vigneron du Tarn-et-Garonne, Mickaël Raynal passe de la phase expérimentale au développement commercial des nouvelles variétés résistantes au mildiou et à l’oïdium. Dont l’intégration dans les cahiers des charges des Indications Géographiques Protégées s’accélère.

Premier vigneron français à commercialiser un vin IGP de cépage résistant l’an dernier, Mickaël Raynal innove de nouveau en annonçant ce printemps 2020 le lancement de « la première gamme IGP issue de cépages résistants en quatre couleurs » (blanc doux, blanc sec, rosé et rouge). Baptisées Esprit et Grain Rebel en IGP Comté Tolosan, ces nouvelles cuvées délaissent le monocépage et optent pour des assemblages à 85 % de cépages résistants aux maladies cryptogamiques (mildiou et oïdium) et à 15 % de cépages classiques (sauf pour le blanc doux à 100 % résistant).

Comme pour les vins traditionnels, l’exercice de « l’assemblage permet de complexifier le profil du produit, surtout pour des vignes résistantes jeunes (ayant au plus 10 ans) » explique Mickaël Raynal (domaine de Revel, 14 hectares avec 30 cépages différents). Son vignoble ayant été touché par le gel en 2019, la production est limitée : 1 000 bouteilles de rouge Grain’ReBel (85 % de cabernet cortis et 15 % de marselan), 1 000 cols de blanc sec Grain’Rebel (85 % de souvignier gris et 15 % de sauvignon gris), 8 000 flacons de rosé sec Esprit’Rebel (85 % de souvignier gris et 15 % de caladoc) et 2 000 cols de blanc doux Solaris (100 % solaris).

"Cépages accessibles"

Devant être mis en marché ce début avril sur le réseau traditionnel, ces cuvées affichent des prix de vente conseillés de 6,95 euros en blanc sec et rouge, de 7,45 € en rosé et de 14,95 € pour le blanc doux. Par rapport aux gammes traditionnelles du domaine, « on est dans le même ordre de prix. Il faut faire connaître ces cépages en les laissant accessibles au grand public » explique Mickaël Raynal. Le vigneron ajoute que « ce n’est pas parce qu’il s’agit de cépages résistants que l’on doit les faire payer plus cher au consommateur. Au départ, l’investissement est plus important pour le vigneron, mais on économise sur le long terme une dizaine de traitements phytos par an. »

Ces économies peuvent cependant être considérablement réduites par des « défauts » dans la conduite de certains cépages : le port retombant et la forte production de pampres du solaris pèsent sur la conduite des parcelles, comme la sensibilité du muscaris au black-rot. « Ces premiers cépages résistants sont encore à améliorer » souligne Mickaël Raynal, qui est de plus en plus sollicité par les interrogations de confrères vignerons sur ces nouvelles variétés. « Tout cet intérêt est bénéfique. Plus ces cépages seront répandus, plus ils seront connus et mieux ils se vendront » souligne le vigneron, qui regarde avec intérêt les homologations de cahiers des charges d’autres IGP étendant les possibilités d’usage de ces cépages résistants (voir encadré).

 

11 IGP intègrent les cépages résistants à leurs cahiers des charges

Le Confédération des Vins IGP de France précise qu’actuellement huit cahiers des charges peuvent revendiquer des cépages résistants après la publication de leur arrêté d’homologation. Il s’agit des IGP de l’Atlantique, des Alpes-Maritimes, des Cévennes, des Coteaux du Pont du Gard, du Gard, de Pays d’Oc, du Val de Loire et du Var. Trois cahiers des charges sont actuellement en attente de la publication de leur arrêté d’homologation. Il s’agit des IGP Collines Rhodaniennes, Côtes Catalanes et du Vaucluse.

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VOS RÉACTIONS
La rédaction Le 09 mars 2020 à 15:18:50
Bonjour Abeille, Les premiers cahiers des charges IGP n’intègrent que depuis l’an dernier des cépages résistants qui n'ont été que récemment inscrits au catalogue des cépages français. Précédemment, leurs productions étaient de nature expérimentale, au sein de la catégorie des vins de France (VSIG). Bonne journée
abeille Le 09 mars 2020 à 15:09:40
Bonjour vous écrivez :"Premier vigneron français à commercialiser un vin IGP de cépage résistant l’an dernier",sauf erreur de ma part ceci est une erreur ou de ...l'infox au nord de Béziers dne de la colombette produit depuis plusieurs année igp résistant et l'INRA à gruissan de même sur un vin rouge après 30 ans de recherche... BAV
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