LE FIL

Cantine à sec

La ministre de la Santé prive ses employés de vin

Mardi 29 octobre 2019 par Alexandre Abellan

« Voilà une décision qui fera date et une grande victoire dans la lutte contre l'alcoolisme ! » critique Jacques Dupont.
« Voilà une décision qui fera date et une grande victoire dans la lutte contre l'alcoolisme ! » critique Jacques Dupont. - crédit photo : Ministère de la Santé
Plus de verre de vin sur le plateau repas des fonctionnaires du ministère de la Santé : une décision symbolique alors que le plan national de Santé prévoyait dès 2018 la dénormalisation de la consommation d’alcool.

N’ayant pas encore achevé sa concertation sur la visibilité du pictogramme femme enceinte sur les étiquettes de vin (taille et couleur), la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, « a demandé à bannir les vins des tables du ministère. Elle y a fait savoir que rouges, rosés et blancs n'étaient pas les bienvenus sur les tables à midi » révèle le Journal du Dimanche. Appelant à ne « pas banaliser la consommation d'alcool », la ministre déclenche de nouveaux les critiques dans la filière vin avec cette initiative au combien symbolique.

"Jaja infâmes"

« Pourquoi une telle décision ? Y aurait-il un problème d'excès ? Un douloureux et secret soupçon d'ivrognerie au sein des cadres de cette institution dont on croyait savoir que, bien au contraire, la plupart adhèrent aux thèses des hygiénistes de l'ANPAA ? On nous cache tout, on nous dit rien » tacle, pince sans rire, le journaliste Jacques Dupont dans le Point. Ayant fréquenté les cantines de ministères, le bloggueur Jacques Berthomeau n’est pas moins caustique et souligne que ces « carafons et petites boutanches qui se disent AOP ou IGP […] ces jaja sont infâmes, je les ai testés, et, pour avoir fait en son temps ma petite enquête auprès du gérant, un nombre infime de consommateurs s’offraient du pinard. […] Ce n’est que du degré. »

« Madame la Ministre, selon l'étude de FranceAgriMer, la consommation de vin détermine la convivialité du repas. Entre gérer l’équilibre de notre consommation et mourir d’ennui nous avons choisi » rétorque avec humour Krystel Lepresle, la déléguée générale de Vin et Société, sur Twitter. Si les prochains déjeuners de concertation sur le pictogramme femmes enceintes voient les bouteilles de vin bannis de la table des négociations, la filière saura à quoi s’en tenir.

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VOS RÉACTIONS
bourvil Le 29 octobre 2019 à 10:23:38
Si Madame Buzyn n'a pas d'autres activités que de contrôler les tables de la cantine de son ministère lors du repas de midi de ses collaborateurs c'est que il y a un problème au sommet de l'état ,mais avec cette macronie désuète (et oui) tout est légitime ,mais de la à tomber dans la sinistrose c'est quand même pousser le bouchon un peu loin.
Dominique Le 29 octobre 2019 à 09:59:03
La petite secte d'hygiénistes qui entoure Mme Buzyn semble en voie d'auto-radicalisation ( sur Internet ? ). Ces djihadistes de l'hygiénisme qui vivent entre eux, reclus dans le réduit de Paris centre, n'ont semble-t-il jamais franchi le périphérique parisien et n'imaginent pas d'autres modes de vie et de consommation que le leur. A la place du triptyque whisky-cigare-rail de coke très prisé chez les VIP , il y a aussi ceux qui préfèrent un verre de bon vin sur un bon plat pris en commun. Mme Buzyn, foutez-nous la paix !
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