LE FIL

Cognac

Fureur des viticulteurs après les ruptures de contrats d’un assureur

Vendredi 20 septembre 2019 par Alexandre Abellan

« Nous mettons la main à la poche pour nous prémunir contre les aléas. Mais le risque zéro n’existe malheureusement pas. C’est là que les assurances rentrent en jeu » martèle Christophe Véral, ce 18 septembre à Cognac.
« Nous mettons la main à la poche pour nous prémunir contre les aléas. Mais le risque zéro n’existe malheureusement pas. C’est là que les assurances rentrent en jeu » martèle Christophe Véral, ce 18 septembre à Cognac. - crédit photo : UGVC (Stéphane Charbeau)
Résiliant des contrats d’assurance climatique pour cause de multiplication des aléas, une compagnie est dans le collimateur du syndicat viticole charentais, qui ne souhaite pas la nommer.

« Je suis en colère. Nous recevons de plus en plus d’appels de viticulteurs qui nous informent qu’une compagnie [d’assurance] résilie des contrats sur notre territoire. Ce n’est pas une attitude digne d’un assureur » s’emporte Christophe Véral, le président de l’Union Générale des Viticulteurs pour l'AOC Cognac (UGVC) lors de sa soirée de vendanges ce 18 septembre. Ne souhaitant pas communiquer le nom de la compagnie nationale en question, l’UGVC la met en garde de ne plus résilier de contrats d’assurance climatique des récoltes.

« Nous avons eu une dizaine d’appels nous informant qu’un même assureur résilie les contrats de viticulteurs touchés trois années de suite par les aléas climatiques (gel en 2017, grêle en 2018, gel voire grêle en 2019) » précise Alexandre Imbert, le directeur du syndicat (qui réunit 65 % des producteurs du cognac). Ajoutant que les assureurs doivent jouer le jeu, alors qu’« objectivement, la filière met aujourd’hui largement la main à la poche pour se protéger des aléas ».

79 tours anti-gel

Cet hiver, la Coopérative d'Utilisation de Matériel Agricole des viticulteurs de Cognac (CUMA Viti Cognac) va ainsi installer 79 tours anti-gel  (29 mobiles et 50 fixes) pour une enveloppe de « 3,265 millions d’euros, avec une subvention de 25 % de la région Nouvelle-Aquitaine (825 000 euros) » et un financement de 2,5 millions € porté par les caisses locales du Crédit Agricole rapporte Bastien Brusaferro, le responsable d’affaires publiques de l’UGVC qui suit le dossier. Et ajoute que le réseau départemental anti-grêle a également été renforcé cette année.

Entre couloirs d’orage et zones gélives, l’exposition de Cognac aux pertes climatiques semble particulièrement forte. Le vignoble aurait connu seulement trois années sans aléas climatiques significatifs ces dix dernières années. Avec le développement annoncé du vignoble, le risque gélif devrait encore s’accroître avec de nouvelles plantation sur des zones historiquement exposées. Ce qui pousse l’UGVC à mettre en garde l’assureur récalcitrant aux risques climatiques. « Nous avons toujours bien travaillé avec les assureurs par le passé. Si certains entendent mener une politique assurantielle sur notre territoire, je préfère leur dire de suite : nous créerons notre politique assurantielle sans eux ! » menace Christophe Véral.

RÉAGISSEZ A L'ARTICLE

Recopier le code :
Processing
Voir toutes les réactions
© Vitisphere 2019 - Tout droit réservé