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La recherche viticole passe le climat à la loupe

"Le changement climatique à l'échelle des territoires viticoles : de la caractérisation à l'adaptation" : c'est l'un des thèmes abordés à l'Institut des Sciences de la Vigne et du vin le 24 mai dernier, dans le cadre de son dixième anniversaire.
Par Colette Goinère Le 05 juin 2019
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La recherche viticole passe le climat à la loupe
'L’intégration de la variabilité climatique locale (indices bioclimatiques et modélisation phénologique) dans des simulations régionalisées du changement climatique permet d’évaluer ses impacts à l’échelle du vignoble' pose le projet Adviclim. - crédit photo : Adviclim
L

e sujet n’est pas nouveau. Il revient régulièrement sur le tapis : comment faire face aux changements climatiques.  Pour se projeter dans le futur et définir des scénarios d’adaptation, Laure de Rességuier, ingénieur d’études en viticulture, de l’unité mixte de recherche Ecophysiologie et Génomique Fonctionnelle de la Vigne (EGFV), a présenté ce 24 mai à l’ISVV le projet européen  ADVICLIM. Qui s’articule autour de plusieurs axes : une caractérisation fine de la température dans six vignobles  européens, en Grande Bretagne ( Sussex), en Allemagne (Rheingau) en Roumanie( Cotnari), en France (Vallée de la Loire, Bordeaux), et en Espagne (Navarra) , une modélisation  de la température, du développement de la vigne et de la composition du raisin, des projections dans le futur,  des scénarios d’adaptation sans omettre le transfert de l’information  vers les viticulteurs.

Variations fines

En préambule, Laure de Rességuier n’a pas manqué de rappeler que les études sur le changement climatique sont souvent réalisées à l’échelle d’un pays ou d’un continent. Sauf que la variabilité climatique locale peut être aussi importante qu’une variabilité à grande échelle. Dans le vignoble bordelais, 90 capteurs ont été installés dans des parcelles de vignes (merlot) de Saint-Emilion et ses satellites, et de Pomerol. La phénologie (mi-débourrement, mi-floraison, mi-véraison) a été suivie au travers de 60 placettes d’observation (20 pieds de merlot autour d’un capteur constituent une placette). Idem pour le suivi de la maturité (18 placettes). Pour quantifier les écarts de température en lien avec la croissance de la vigne, des indices bioclimatiques sont utilisés, notamment l’indice de Winkler (une somme thermique  base 10°C cumulée du 1er avril au 31 octobre).

Quelle est la réponse de la vigne à ces variations climatiques  qui tiennent compte de l’altitude, de l’exposition, la pente, la latitude et la longitude ? L’amplitude spatiale de l’indice de Winkler aboutit à un mois de décalage théorique de maturité induite par la température. "On observe une forte amplitude thermique  pour le débourrement et pour la maturité théorique (200g/Lsucres), plus faible pour la floraison et la véraison" indique Laure de Rességuier.

Climavista

Des modèles phénologiques pour chaque stade, combinés avec les modèles climatiques, ont été créés afin de visualiser  l’évolution de l’occurrence  de la phénologie dans le futur. Chaque année un échantillon de baies, proche des capteurs, est prélevé. Les paramètres d’alimentation hydrique, de poids des baies, de statut azoté et la maturité technologique sont analysés. Au final, ces cartographies des indices bioclimatiques et phénologiques doivent se révéler comme un outil d’aide à la décision, notamment dans l’ajustement des dates de vendanges, ou lors d’évènements sensibles (nuits de gel). Pour les viticulteurs de la zone d’étude une plateforme web (Climavista) a été mise en œuvre. On y trouve les données de température et les modélisations journalières. Une aide pour mieux piloter les vignobles.

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