LE FIL

Champagne

Millésimera-t-on ou pas ?

Mercredi 24 avril 2019 par Aude Lutun

Eric Taillet, viticulteur à Baslieux-sous-Châtillon (Marne) et membre de l’association Meunier Institut : 'Avec le réchauffement climatique, il faudrait pouvoir vendanger plus tôt. C’est pour cette raison que nous avons opté pour une mise en bouteille rapide pour que ce millésime puisse se conserver longtemps'.
Eric Taillet, viticulteur à Baslieux-sous-Châtillon (Marne) et membre de l’association Meunier Institut : 'Avec le réchauffement climatique, il faudrait pouvoir vendanger plus tôt. C’est pour cette raison que nous avons opté pour une mise en bouteille rapide pour que ce millésime puisse se conserver longtemps'. - crédit photo : Aude Lutun
Le Printemps des Champagnes a permis de découvrir le millésime 2018. Les vignerons vont-ils millésimer cette vendange historique tant en volume qu’en qualité ?

Même si le gel était présent dans tous les esprits, l’ambiance était plutôt positive lors de la dégustation des vins clairs de 2018, organisée par le Printemps des Champagnes (22 mini-salons répartis sur cinq jours).

Eric Taillet, viticulteur à Baslieux-sous-Châtillon (Marne) et membre de l’association Meunier Institut, a mis en bouteille son millésime fin janvier 2019 « pour qu’il conserve une belle fraîcheur ». Ce vigneron inconditionnel du meunier est très confiant sur le potentiel de son millésime. « Nous avions une belle maturité, poursuit-il. Voire même de la surmaturité. Avec le réchauffement climatique, il faudrait pouvoir vendanger plus tôt. C’est pour cette raison que nous avons opté pour une mise en bouteille rapide pour que ce millésime puisse se conserver longtemps ».

"Une très belle concentration"

Pour Maxime Blin, viticulteur à Trigny et membre des « Mains du Terroir », les dégustations confirment que ce millésime sera vraiment qualitatif. « Je suis en cours de conversion bio, ce qui a limité mes rendements d’environ un tiers, précise-t-il. Cette baisse de rendement, sur cette année très généreuse, m’a permis de vinifier des vins qui présentent une très belle concentration aromatique, notamment en pinot noir. Ce sont des vins qui ont une belle acidité et de la structure pour bien vieillir. Ces bouteilles seront vendues dans sept à dix ans. D’une manière générale, les vins que j’ai dégustés sont très bons. On aurait pu craindre d’avoir des vins plus plats vu les volumes qu’il y avait dans les vignes ».

2018 arrive à point nommé

Quant à Christine Scher-Sevillano, viticultrice à Vincelles et adhérente de « Champagne, terroirs, etc », elle est également très satisfaite du millésime 2018. « 2016 et 2017 ont été des années compliquées, 2018 arrive à point nommé avec quantité et qualité, résume-t-elle. Alors qu’en 2017, c’est le meunier qui nous avait le plus plu, cette année, c’est le pinot noir qui se distingue ». Le millésime 2018 sera composé de 70 % de pinot noir, de 15 % de chardonnay et de 15 % de meunier. « Malgré ce que l’on aurait pu craindre, il n’y a pas de problème d’acidité, conclut cette viticultrice. Les vins se garderont huit à neuf ans sans problème ».

 

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