LE FIL

Montée en gamme

Les rosés cherchent à se démarquer

Mardi 19 mars 2019 par Marion Sepeau Ivaldi
Article mis à jour le 20/03/2019 16:01:34

Amoureuse est un rosé premium lancé par Gabriel Meffre.Amoureuse est un rosé premium lancé par Gabriel Meffre.
Dans le sillage de la Provence, les autres régions productrices françaises lancent des produits visant à conquérir le segment haut de gamme.

Les rosés de gastronomie, largement trustés par la Provence, se sont développés ces dernières années, faisant entrer la couleur sur le marché des ultra-premium. Et l’offre provençale continue de s’enrichir de nouveaux produits. Sur Prowein, le Château Gassier (Advini) lance ainsi Elevae, un rosé ayant suivi deux ans d’élevage. Seulement 1500 exemplaires sont édités et la cuvée, positionnée à un PVC (en CHR) de 60 euros, ne sera produite que les millésimes jugés adéquats.

Mais cette montée en gamme n’est pas que l’apanage de la Provence. Les autres régions s’y mettent. En Languedoc, Gérard Bertrand ménage le suspens en annonçant le lancement en juin prochain de « Clos du temple », un rosé de gastronomie pensé et conçu sur le modèle de « Clos d’Ora », sa cuvée ultra-premium.

Attentes de la clientèle

Dans des niveaux de prix moins stratosphériques, autour de 10 euros PVC, Gabriel Meffre lance  Amoureuse (Château Grand Escalion) en Costières de Nîmes. Associant grenache, syrah et 30 % de cépages blancs, ce premier millésime est commercialisé à 10 000 cols. Avec son habillage aux codes provençaux, ce rosé étonne dans l’offre Gabriel Meffre plutôt identifiée comme un spécialiste des rouges de syrah. Mais, Gabriel Meffre avait historiquement un domaine en Provence. Et, surtout, « avec la hausse des prix, le marché s’ouvre sur d’autres régions » commente Valérie Vincent, directrice de la communication de Gabriel Meffre. D’ailleurs, la Maison lance une autre gamme de rosé, Un été en.., qui se décline en version Provence (AOC Provence), Méditerranée (IGP Méditerranée) et Occitanie (IGP d’Oc). De quoi ouvrir un portefeuille de rosés sur les trois régions méditerranéennes de production.

Ce type de rosé trouve son marché, en témoigne le succès rencontré par Paradis Secret de Foncalieu. Positionné à 16 euros en CHR, ce rosé bouché avec un vinolok et doté d’une étiquette élégante décorée d’une fleur de magnolia, a été lancé sur Wine Paris. « Les 18 000 cols qui avaient été mis en bouteilles ont été tous vendus lors du salon parisien » explique Alexandra Ladeuil. Une deuxième mise est prévue en avril pour faire face à la demande.

Expliquer et éduquer

Ce développement n’est pas l’apanage que des grandes structures. Les exploitations familiales aussi s’y mettent. C’est le cas du domaine de La Petite Roche en Anjou. Il lance un rosé de Loire fermenté et élevé en barrique de 7 mois. « C’est en allant sur le salon Pink Festival que je me suis rendu compte du développement des rosés gastronomiques. C’est ainsi que je me suis dit qu’il serait intéressant d’en produire » explique Antoine Poupard, régisseur du Domaine. Pour l’instant, difficile de dire si ce rosé positionné à 12 euros trouvera preneur. « Ce produit a un vrai potentiel. Il peut susciter de l’intérêt mais il doit être commercialisé en prenant soin d’expliquer et d’éduquer. Car il y a beaucoup d'a priori ! »

 

RÉAGISSEZ A L'ARTICLE

Recopier le code :
Processing
Voir toutes les réactions
© Vitisphere 2019 - Tout droit réservé