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Crémant de Bourgogne

Eminent et Grand Eminent, une segmentation qui fonctionne surtout à l'export

Jeudi 07 mars 2019 par Juliette Cassagnes

Une cuvée 'Grand Eminent' de la maison Louis BouillotUne cuvée 'Grand Eminent' de la maison Louis Bouillot - crédit photo : UPECB
Avec 4000 à 6000 hl de crémants de Bourgogne « labellisés », la nouvelle segmentation des « Eminents » reste encore timide. Son appropriation par les opérateurs s'opère pourtant, progressivement, essentiellement pour l'export.

Ce samedi 9 mars 2019 à Dijon aura lieu pour la quatrième année la dégustation professionnelle des cuvées « Eminents » et « Grand Eminent » de crémants de Bourgogne, nées de la nouvelle segmentation mise en place par l'Upec Bourgogne (Union des producteurs et élaborateurs de Crémant de Bourgogne) en 2016. Sur 138 élaborateurs adhérents au syndicat, seuls 18 y ont jusqu'à présent recours lors de cette nouvelle campagne, avec une trentaine de cuvées labellisées. « Mais plus que le nombre d'opérateurs, ce sont les volumes qu'elles représentent qui sont importants », tient à préciser Pierre du Couëdic, son directeur.

De gros opérateurs comme Veuve Ambal, Boisset ou encore les caves de Lugny et de Bailly-Lapierre ont en effet demandé l'obtention de cette labellisation pour certains de leurs vins. Les volumes commercialisés en Eminent ont représenté lors de la campagne 2017-2018, environ 540 000 cols, valorisés entre 12 et 15€ le col. Ceux écoulés sous le label Grand Eminent ont représenté 65 000 unités, valorisés en moyenne à 20€, voire 25€.

"Sortir de la masse"
Et pour la campagne 2018-2019 en cours, la tendance serait plutôt à une hausse de ces volumes. « L'objectif final sera atteint quand nous aurons des volumes de 15000-20000 hl pour les Eminents et de 5000 hl pour les Grand Eminent », indique le responsable.

Le gros de ces quantités est jusqu'à présent vendu à l'export. L'intérêt est fort sur les marchés américain, première destination pour ce produit, et canadien. Au Royaume-Uni également, la segmentation Eminent laisse entrevoir une perspective de reconquête : « Très concurrencé par le Prosecco dans une gamme de prix d'environ 10£, la segmentation permet de sortir le crémant des volumes de masse, en amenant un élément différenciant. Le positionnement obtenu est supérieur, avec des bouteilles valorisées autour de 15£ ».

Les cuvées labellisées sont en revanche encore très peu présentes en France. Le réseau traditionnel (cavistes) reste « binaire » et a une gamme « très pauvre en vins effervescents, en ne proposant que le Champagne ». « On a un vrai travail de terrain à conduire pour sensibiliser et expliquer le Crémant de Bourgogne aux prescripteurs et metteurs en marché », conclut Pierre du Couëdic.

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