LE FIL

Gevrey Chambertin

La famille Bouygues prend les commandes du domaine Henri Rebourseau

Mercredi 09 janvier 2019 par Alexandre Abellan

Anticipant les frais de succession, les descendants de la famille Rebourseau ont sollicité l'agence Wine Bankers pour éviter un démembrement viticole et finaliser une association avec les frères Martin et Olivier BouyguesAnticipant les frais de succession, les descendants de la famille Rebourseau ont sollicité l'agence Wine Bankers pour éviter un démembrement viticole et finaliser une association avec les frères Martin et Olivier Bouygues - crédit photo : Domaine Henri Rebourseau
Signé fin 2018, ce rachat en grands crus de Côtes-de-Nuits est un nouvel investissement viticole de poids pour les magnats de la téléphonie et du BTP.

Ce 19 décembre, la holding SCDM Domaines d’Olivier et Martin Bouygues a acquis la majorité du capital du domaine familial Henri Rebourseau. Si les montants des actions ne sont pas communiqués, nul doute que l’acquisition de 13,5 hectares de vignes à Gevrey Chambertin a dû atteindre des sommets. En Bourgogne, « la valeur monétaire de la vigne est ce qu’elle est actuellement. Totalement décorrélée de la réalité » confiait Jean de Surrel fin 2018, le gestionnaire du domaine éponyme. Ce descendant de la famille Rebourseau restera impliqué dans le domaine avec ses fils, Bénigne et Louis de Surrel, tout en anticipant les frais de succession qui auraient pu démembrer la propriété.

Financièrement élevé, le jeu en vaut la chandelle. Avoir d’un coup « 6 hectares dans cinq grands crus prestigieux de Côtes-de-Nuits (Chambertin, Chambertin Clos de Bèze, Charmes-Chambertin, Mazis-Chambertin, Clos Vougeot), c’était une opportunité qu’il ne fallait pas laisser passer » résume Hervé Berland, à la tête de SCDM Domaines, qui vient de prendre la présidence de la SAS Henri Rebourseau.

"Prochains investissements"

Ayant réalisé leurs premiers investissements viticoles en 2006 (avec les châteaux Montrose et Tronquoy-Lalande à Saint-Estèphe), les frères Bouygues ont depuis acheté le clos Rougeard en 2016 (à Saumur) et la distillerie de la Métairie en 2017 (à Cognac, en Petite Champagne). Cette dernière acquisition devrait prochainement s’étendre, SCDM souhaitant ajouter des surfaces viticoles à ses 21 hectares. « Pour les prochains investissements, rien n’est écrit. Mais il n’y a pas d’interdit dans le choix. On attend les opportunités pour les saisir » conclut Hervé Berland.

 

Conversion bio ?

À noter que le domaine est cultivé selon des pratiques bio et biodynamiques, mais sans être certifié à ce stade. Jugeant le cadre réglementaire figé par rapport aux innovations, Hervé Berland semble peu enclin au processus de conversion. Si le château Montrose sera cultivé en bio dès le millésime 2019, ce ne sera probablement revendiqué.

RÉAGISSEZ A L'ARTICLE

Recopier le code :
Processing
Voir toutes les réactions
© Vitisphere 2019 - Tout droit réservé