LE FIL

Gevrey Chambertin

Le domaine Henri Rebourseau bientôt dans le réseau Bouygues

Mercredi 10 octobre 2018 par Alexandre Abellan

« Quand on peut payer les droits [de succession] on les paie, sinon on vend. Nous avons la chance d’avoir des associés pour garder notre domaine » explique Jean de Surrel.« Quand on peut payer les droits [de succession] on les paie, sinon on vend. Nous avons la chance d’avoir des associés pour garder notre domaine » explique Jean de Surrel. - crédit photo : Domaine Henri Rebourseau
Réunissant de prestigieux climats de Côtes-de-Nuits, la propriété serait un nouvel investissement viticole de poids pour les magnats de la téléphonie et du BTP.

« La plupart des autres domaines qui se sont retrouvés dans notre situation ont été vendus. Notre famille a la chance admirable de s’entendre, de garder l’unité foncière et de pouvoir continuer l’exploitation [avec] l’association aux frères Bouygues » pose Jean de Surrel, le gestionnaire du domaine Henri Rebourseau (13,5 hectares en Côtes-de-Nuits pour deux appellations villages, cinq grands crus et trois premiers crus*). Révélé par les Échos, la transaction porterait sur 51 % du capital pour une valorisation estimée à 45 millions d’euros. « Les chiffres n’ont aucune espère d’importance » balaie Jean de Surrel, qui ne souhaite pas les confirmer, ou infirmer, mais souligne que « la valeur monétaire de la vigne est ce qu’elle est actuellement. Totalement décorrélée de la réalité. »

Anticipant les frais de succession, les descendants de la famille Rebourseau comptent éviter un démembrement viticole avec cette association aux frères Martin et Olivier Bouygues. Tout en conservant la main sur l’opérationnel, Jean de Surrel et de ses fils, Bénigne et Louis de Surrel, conservant leur implication dans le domaine, récemment converti à la bio et la biodynamie. La famille Bouygues « mettra à disposition du domaine toutes les expertises développées dans ses exploitations, notamment dans la vinification, l’élevage et la commercialisation des vins » précise un communiqué des investisseurs.

Réseau Bouygues

À la tête du groupe industriel éponyme, en tant que PDG et directeur général délégué, Martin et Olivier Bouygues ont réalisé leurs premiers investissements viticoles en 2006. Leur holding SCDM a acheté quasiment en simultané les châteaux Montrose (95 hectares de deuxième grand cru classé de Saint-Estèphe en 1855) et Tronquoy-Lalande (30 ha en appellation Saint-Estèphe). Ont suivi le clos Rougeard en 2016 (10 ha en AOC Saumur) et la distillerie charentaise de la Métairie en 2017 (avec sept chaudières et 21 hectares de vignes en cru Petite-Champagne de Cognac).

Avec sa collection de prestigieux climats bourguignons entre Gevrey-Chambertin et Vougeot, le domaine Henri Rebourseau compléterait de manière stratégique ce portefeuille croissant. « Les négociations sont en cours, ce sera finalisé très prochainement » conclut Jean de Surrel, qui préfère ostensiblement parler de « questions plus importantes », comme la conversion à la biodynamie de la propriété.



* : Soit les appellations villages Gevrey-Chambertin et La Brunelle. Les premiers crus Gevrey-Chambertin, la Perrière et Gevrey-Chambertin Fonteny, Les grands crus Clos de Vougeot, Chambertin, Clos de Bèze, Charmes-Chambertin et Mazy-Chambertin.
 

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