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Moitié moins de CMR

Le vignoble bordelais chiffre sa réduction des phytos

Mardi 11 décembre 2018 par Alexandre Abellan
Article mis à jour le 16/01/2019 17:47:06

Tout l’enjeu des indicateurs de suivi des phytos est de choisir entre le quantitatif ou le qualitatif point Laurent Charlier ce 6 décembre à Bordeaux.
Tout l’enjeu des indicateurs de suivi des phytos est de choisir entre le quantitatif ou le qualitatif point Laurent Charlier ce 6 décembre à Bordeaux. - crédit photo : Alexandre Abellan (Vitisphere)
Jouant cartes sur table, l’interprofession girondine permet de donner une autre dimension aux statistiques publiées par Générations Futures.

En termes de phyto, « on peut être fier du chemin parcouru » s’exclame Laurent Charlier, du service technique du Conseil Interprofessionnel du Vin de Bordeaux (CIVB), lors du dixième forum environnemental de la filière girondine. Ce 6 décembre au palais des Congrès de Bordeaux, l’ingénieur agronome prend à rebrousse poil la cartographie française des consommations de phytos en 2017, récemment publiée par l’association Générations Futures, pour présenter l’évolution sur dix ans des achats de matières actives de la viticulture girondine (de 2008 à 2018). Une communication inédite pour l’interprofession bordelaise, témoignant autant d’une aisance croissante à parler d’un sujet qui fâche, les phytos, que d’une volonté de communiquer à son avantage dessus (cliquer ici pour en savoir plus).

Fongicides viticoles

Comme Générations Futures, le CIVB se base sur les bases de données brutes de la Banque Nationale des Ventes de Produits Phytosanitaires. Se focalisant sur les fongicides, l’interprofession note que les tonnages sont très variables d’un millésime à l’autre, selon la pression du mildiou (de fortes consommations en 2008 à de plus faibles achats en 2010 et 2011). Particulièrement médiatisés, les produits phytos classés Cancérigènes, Mutagènes et Reprotoxiques (CMR) voient leur poids baisser en flèche depuis l’incident de VIlleneuve de Blaye (2014) et la diffusion de Cash Investigation (2016), les CMR sont passés de 400 à 500 tonnes achetés en 2009-2011 à 200 à 300 tonnes en 2015-2017. Soit moitié moins en termes de quantité.

Au niveau de leur poids parmi l’ensemble des fongicides viticoles, les CMR sont passés de 30 à 10 % entre 2008 et 2017. Tandis que la part du soufre a augmenté de 20 à 50 %, et que les biocontrôles hors-soufre émergent progressivement. À noter que le cuivre reste stable : « les doses sont de plus en plus faibles, alors que les surfaces traitées sont de plus en plus importantes » note Laurent Charlier.

"Attention aux biais"

Si ces données sont intéressantes, l’ingénieur bordelais alerte cependant sur les limites de la base de données : « attention au biais. On ne connaît ni le moment où ces phytos achetés sont utilisés, ni pour quelle filière précisément… » Pour achever de démontrer que les actions de ses opérateurs vont dans la bonne direction, le CIVB énumère d’autres chiffres : 85 % des interrangs de Gironde sont enherbés, 60 % des surfaces ont une certification environnementale et 14 % du vignoble a recours à la confusion sexuelle (en 2018, selon BASF). Bordeaux peut en effet être fier du chemin parcouru, tout en gardant le cap de la route à parcourir pour atteindre son fameux objectif de « la diminution forte, voire la sortie, des pesticides ».

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