LE FIL

Du monde entier

Au concours de dégustation à l’aveugle, l'universalité du vin saute aux yeux

Vendredi 12 octobre 2018 par Alexandre Abellan

Chaque équipe de dégustation à l’aveugle bénéficie d’un médiateur, qui ne goûte pas les vins, mais qui peut faire la synthèse en cas de désaccord.Chaque équipe de dégustation à l’aveugle bénéficie d’un médiateur, qui ne goûte pas les vins, mais qui peut faire la synthèse en cas de désaccord. - crédit photo : RVF (championnat du monde 2017, chez la maison Boisset)
Réunissant les équipes de 23 pays, l’épreuve de dégustation à l’aveugle de la Revue du Vin de France témoigne de la mondialisation de la culture bacchique. Sans que l’exercice soit plus facile pour quelque nationalité que ce soit.

Ouverte au monde et offerte à toutes les langues, la dégustation du vin passionne sur tous les continents. En témoigne la sixième édition du championnat de monde de dégustation à l’aveugle, Représentant 23 nationalités, 92 dégustateurs amateurs sont réunis ce 13 octobre au château languedocien Saint Pierre de Serjac (Vignobles Bonfils) pour analyser 12 vins (6 français et 6 étrangers). Passionnés par le vin, et la compétition, ces 23 équipes viennent du monde entier. De l’Andorre au Zimbabwe, en passant par le Brésil et Taïwan*. « C’est impressionnant et extraordinaire de voir toutes ces nationalités réunies » laisse échapper Denis Saverot, le directeur de la rédaction de la Revue du Vin de France (RVF), qui organise ce concours international depuis 2013. « Ils viennent pour le plaisir, en mettant la main à la poche » souligne le journaliste.

Remporté par des équipes belges, françaises, espagnoles, chinoises et suédoises, ce concours de dégustation témoigne de la mondialisation de la culture du vin. Et de son universalité. Aucun pays ne pouvant prétendre à son monopole, qu’il soit de tradition viticole ou non. S’ils se retrouvent autour d’une appréciation et d’une connaissance du vin qui se mondialisent, tous ces dégustateurs n’en ont pas une approche uniformisée. « L’ouverture aux vins étrangers est un élément différenciant » analyse Denis Saverot, qui souligne que « les Suédois, qui ont gagné l’an passé et comptent remettre ça en 2018, goûtent toute l’année des vins de pays différents. Ils en ont l’habitude, plus qu’en France et en Italie. »

"Le taux d’erreur est très important"

Mais même avec un entraînement draconien, comme celui prêté aux candidats chinois, la réussite à l’épreuve est loin d’être acquise. En quatre heures, l’enjeu des quatre membres de chaque équipe est de s’accorder sur les caractéristiques les plus fines d’un vin : son pays d’origine, son appellation, son cépage, son millésime et son producteur. Ce qui donne un exercice particulièrement ardu, pour ne pas dire impossible. « Il est rarissime qu’une équipe trouve les cinq critères, le taux d’erreur est très important » rassure Denis Saverot.

 

* : En 2018, les nouvelles équipes sont celles de la Biélorussie, du Japon et de Taïwan. En 2017, les nouveaux candidats stars venaient du Zimbabwe. Dont la première participation était parrainée par la critique anglaise Jancis Robinson et suivie par une équipe de cinéma australienne.

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