LE FIL

Fake news de l’été

Invivo ne rachète pas les Grands Chais de France

Mercredi 08 août 2018 par Alexandre Abellan

Le seul rapprochement observé publiquement entre GCF et Invivo se trouve dans les linéaires, où se côtoient les marques JP Chenet et le Val.Le seul rapprochement observé publiquement entre GCF et Invivo se trouve dans les linéaires, où se côtoient les marques JP Chenet et le Val. - crédit photo : Alexandre Abellan (Vitisphere)
C’est le ragot estival qui fait frémir le Landerneau viticole : le rapprochement du premier vinificateur français et du premier groupe coopératif national. Une intox pure et dure pour Invivo.

Glissée sous le ton de la confidence, la rumeur va bon train aux quatre coins du vignoble français : « tu ne sais pas ? InVivo va racheter les Grands Chais de France ! » Si aucun de ces informateurs n’a pu fournir le moindre élément pour étayer sa folle théorie, elle s’est propagée comme une traînée de poudre en juillet. Et continue d’être répétée ce début août, portant tantôt sur l’ensemble de GCF, tantôt sur le seul périmètre de ses marques (notamment JP Chenet, la première marque de vin français dans le monde).

« C'est effectivement une rumeur qui circule depuis un mois » répond un porte-parole d’Invivo Wine, affirmant « qu'il n'y a aucun contact à ce jour entre Invivo et GCF ». Ayant fondé le groupe GCF, Joseph Helfrich désamorce la rumeur d'un éclat de rire tonitruant. Goguenard, le discret négociant alsacien précise à Vitisphere que « si vous aviez une connaissance du groupe, vous ne vous poseriez pas ce genre de question ! »

1,5 milliard € à investir

Mais ces vigoureux démentis ne suffisent pas à stopper les ragots. « Il n’y a pas de fumée sans feu » maintient un tonnelier occitan, malgré les dénégations. « C'est une réponse normale pour qui est en négociation » renchérit un vracqueur du Sud-Ouest. Cette rumeur se base sans doute sur l’annonce, en juillet dernier, de la cession par Invivo de sa filiale de nutrition animale, Neovia, au groupe américain Archer Daniels Midland Company. Vendant ses 67,5 % d’action pour 1,5 milliard d’euros, le premier groupe coopératif français y trouve « l’opportunité d’accélérer sensiblement son plan stratégique 2025, en mobilisant ses efforts sur ses activités majeures : l’agriculture, le vin et le retail, et en leur donnant les moyens de croître et de créer de la valeur ».

Avec une telle enveloppe, et une volonté affichée d’investissement dans la filière vinicole, les fantasmes peuvent aller bon train. « Le sujet est tellement sensible que l’on n’a actuellement aucune information. La seule chose dont l’on soit sûr, c’est qu’Invivo va réaliser de gros investissements viticoles dans les prochains mois » confirme, autant qu’espère, un dirigeant de cave coopérative aquitaine, qui ne croit que modérément aux démentis d'Invivo.

"À l’international"

Malgré les rumeurs persistantes, Invivo affirme n’avoir « aucun contact avec des négoces français. Nous restons concentrés sur des croissances à l’international, comme il a été opéré avec l'acquisition du groupe Baarsma en Europe, mais aussi aux États-Unis et en Asie. »

Il n’y a pas encore eu de rumeur sur le rachat de Constellation ou de Gallo par Invivo. Du moins, pour l’instant !
 

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