LE FIL

Congrès des Œnologues

Focus sur la lumière

Mardi 05 juin 2018 par Aude Lutun

L’usage de la lumière pour « traiter » les vignes atteintes de maladies fongiques a rapidement été évoqué. Pour Michel Valade, « il s’agit d’une technique séduisante en laboratoire, mais le passage aux parcelles de vigne risque d’être très compliqué… ».L’usage de la lumière pour « traiter » les vignes atteintes de maladies fongiques a rapidement été évoqué. Pour Michel Valade, « il s’agit d’une technique séduisante en laboratoire, mais le passage aux parcelles de vigne risque d’être très compliqué… ». - crédit photo : Aude Lutun
Le 58ème congrès des œnologues de France s’est déroulé à Reims du 30 mai au 1er juin avec pour thème « lumière sur nos vins ». Face sombre avec les goûts de lumière et face lumineuse avec la mise en valeur des vins.

« Lors d’un apéritif au soleil, c’est le goût de lumière assuré dès la troisième minute ! », rappelle avec humour Michel Valade, responsable du service vin au Comité Champagne. La lumière sous tous ses aspects, positifs et négatifs, a été au centre des débats du congrès rassemblant 350 oenologues. « Nous avons choisi ce thème car le goût de lumière est un problème national, explique Wilfrid Devaugermé, président des œnologues de Champagne. Nous voulions élargir ce thème à ce que la lumière peut apporter de positif dans notre filière ».

Le Comité Champagne a rappelé les résultats de ses essais sur les effets négatifs de la lumière sur les bouteilles blanches. S’il est possible de mettre des LED de couleur ambre dans les zones de stockage des vins, « pour les zones de travail, il faut chercher une lumière blanche compatible avec une bonne qualité de travail tout en préservant la qualité des vins, souligne Michel Valade. Mais le principal problème se situe lors de la vente chez les cavistes ou en grande distribution. Il faut éduquer les vendeurs à l’importance de la lumière pour que la qualité de nos vins soit préservée ».

Effet rapide

Pour mettre en évidence l’effet rapide de la lumière, plusieurs ateliers étaient proposés, avec une dégustation comparative d’un même vin, sans exposition à la lumière et avec une exposition de 4 heures. Cette expérience a été menée sur un champagne, un prosecco, un vin blanc tranquille et un rosé. Pour chacun de ces vins, l’altération du goût (vers un goût de choux fleur) était très perceptible. Dans un autre atelier, les œnologues ont pu déguster le même champagne dans une ambiance de lumière bleue, puis de lumière rouge. La perception du vin est alors significativement différente.

Vu qu’il est difficile de maîtriser le parcours des bouteilles une fois qu’elles sont vendues, le principal conseil pour éviter les goûts de lumière est de ne pas choisir de bouteilles blanches, ou à défaut de les emballer dans un papier protecteur de couleur orange ou bronze.

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