LE FIL

Conjoncture viti-vinicole

La production mondiale de vins recule de 8,6 % en 2017

Mardi 24 avril 2018 par Christelle Stef
Article mis à jour le 25/04/2018 11:02:03

Jean-Marie Aurand, le directeur général de l'OIVJean-Marie Aurand, le directeur général de l'OIV - crédit photo : Marion Sepeau Ivaldi
Récolte 2017 mondiale historiquement faible, consommation orientée à la hausse et poursuite de l’internationalisation des échanges. Tels sont les éléments qu’il faut retenir de la conférence de presse de l’OIV qui s’est tenue ce 24 avril 2018 à Paris.

Production historiquement faible

Avec 250 millions d’hectolitres de vin seulement, la production mondiale de vin est historiquement faible en 2017. C’est 23 millions d’hectolitres de moins qu’en 2016.  « Il faut remonter avant les années 2000 pour trouver un niveau de production aussi bas », a expliqué Jean-Marie Aurand, le directeur général de l’OIV, ce 24 avril au siège de l’organisation à Paris, lors d’une conférence de presse. En cause : les aléas climatiques, notamment le gel et la sécheresse qui ont affecté la récolte dans plusieurs pays. L’Italie, la France, l’Espagne et l’Allemagne accusent ainsi une baisse de 15 à 20 %. En revanche, la production reste moyenne au Portugal et en Roumanie. Aux Etats-Unis, en Australie, en Afrique du Sud et au Brésil, la récolte 2017 est supérieure aux moyennes des années précédentes. En Chine et au Chili, elle est en baisse pour la deuxième année consécutive.

L’Italie (42,5 millions d’hl) conserve sa place de premier producteur, suivie par la France (36,7 millions d’hl) et l’Espagne ( 32,1 millions d’hl)

Consommation orientée à la hausse

La tendance semble se confirmer. Depuis trois ans, la consommation mondiale de vins repart à la hausse. En 2017, elle s’établit à 243 millions d’hectolitres, soit 1 million de plus qu’en 2016. « Il y a eu une forte croissance de la consommation jusqu’en 2007-2008, puis en raison de la crise financière il y a eu une chute brutale en 2009-2010, puis un pallier. Depuis 2014, la consommation est de nouveau orientée à la hausse », a indiqué Jean-Marie Aurand. Cinq pays consomment la moitié du vin dans le monde : les Etats-Unis (13 %), la France (11 %), l’Italie (9%), l’Allemagne (8 %) et la Chine (7 %). « La baisse semble prendre fin dans les pays traditionnellement consommateurs », a précisé le directeur général de l’OIV. Aux Etats-Unis, la consommation de vin continue d’augmenter (+2,9 % en 2017/2016). En Chine également : +3,5 %/2016.

Poursuite des échanges internationaux

« Le marché des vins est de plus en plus globalisé et internationalisé. 44 % des vins consommés dans le monde ont traversé les frontières en 2017. Cela représente deux bouteilles sur cinq. En 2001, il n’y en avait que 29 % », a expliqué Jean-Marie Aurand. 108 millions d’hectolitres ont ainsi été exportés en 2017 (+ 3,8 %/2016) pour un chiffre d’affaire de 30 milliards d’euros (+5,1 %). Ce chiffre d’affaire correspond à 500 airbus A 320. L’exportation des vins effervescents continuent de croître : + 11,2 % en volume et + 8,9 % en valeur.

A noter une inversion de tendance pour les ventes en vrac et en bouteilles. Jusqu’en 2016, celles en vrac progressaient et celles en bouteilles se stabilisaient voire baissaient. En 2017, c’est l’inverse. Un phénomène conjoncturel lié à la faible récolte

L’Espagne demeure le premier pays exportateur en volume (22,1 millions d’hl), suivie par l’Italie (21,4 millions d’hl) et la France (15,4 millions d’hl). En valeur, la France reste n°1 suivie par l’Italie. Ces deux pays dominent le marché avec une part respective de 30 % et de 19 %.

Les principaux pays importateurs en 2017 sont l’Allemagne (15,1 Mhl), le Royaume-Uni (13,2 Mhl), les Etats-Unis (11,8 Mhl, la France (7,6 Mhl) et la Chine (7,5 Mhl).

Le vignoble mondial se stabilise

La superficie du vignoble mondial, toutes destinations confondues semble se stabiliser avec 7,6 millions d’hectares en 2017. L’Espagne perd 8000 ha mais conserve la première place avec 967 000 ha. La Chine avec 870 000 ha poursuit sa croissance mais à un rythme moins effréné (+ 5600 ha alors que les années précédentes, elle dépassait les 10 000 ha). La France se tient à la troisième place avec 787 000 ha (à peu près stable/2016). L’Italie gagne 5000 ha et figure à la quatrième place avec 695 000 ha. La Turquie en cinquième position perd 20 000 ha.

La production de l’Hémisphère sud serait stable en 2018

L’OIV a donné les premières estimations pour la récolte 2018 dans l’Hémisphère Sud. Avec 52,7 millions d’hectolitre, elle serait stable mais ce chiffre cache de grandes disparités selon les pays. La production en Afrique du Sud chuterait de 20 % en raison de l’exceptionnelle sécheresse. Celle du Brésil et de l’Australie baisserait également. En revanche l’Argentine, le Chili, la Nouvelle-Zélande et l’Uruguay ferait une belle récolte

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