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Les plaques s'avèrent d'une efficacité aléatoire
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Filtration des vins
Les plaques s'avèrent d'une efficacité aléatoire

Pour la première fois, une étude montre que les plaques filtrantes donnent des résultats très aléatoires sur la clarification et le profil organoleptique des vins. Impossible de se fier aux indications des fournisseurs. Avant de choisir une plaque, il faut faire des essais.
Par Marion Bazireau Le 06 février 2018
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Les plaques s'avèrent d'une efficacité aléatoire
L'efficacité des plaques filtrantes est très aléatoire, selon une étude de la Chambre d'agriculture de Gironde, de l'IFV et d'Hervé Romat. - crédit photo : Creative Commons CC0
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 Les utilisateurs sont victimes des différences flagrantes de rétention et d’impacts organoleptiques entre les plaques des fabricants, même sur des segments de filtration identiques. » A la fin de leurs essais comparatifs portant sur une cinquantaine de plaques filtrantes, la Chambre d’agriculture de la Gironde, l’IFV et Hervé Romat, un expert en filtration, ont décidé de tirer la sonnette d’alarme. (1)

Ils ont de quoi, tant ils ont obtenu des résultats disparates. Dès leur premier essai, ils sont allés de surprise en surprise. Les experts ont commencé par un vin blanc affichant une turbidité de 9 NTU et un coefficient de colmatage de 99. Ils l’ont filtré sur six plaques dégrossissantes censées retenir les particules comprises entre 3 et 6 µm : trois plaques Begerow (Beco K1, Becopad 580 et Europor K1), une Pall (K200), une Beaulieu Filtration (NCA B-100) et une Filtrox (AF 41H).

Des débits variables

La première surprise est venue des débits de filtration qui sont allés de 4,6 litres par plaque et par heure pour la K200 à 72 l/heure pour la Beco K1, soit un écart de 1 à 15 ! Puis les plaques ont eu des effets très aléatoires sur la turbidité et la filtrabilité. Les plaques AF 41 H ont affiché les meilleures performances, en abaissant la turbidité du vin à 0,43 NTU et son coefficient de colmatage à 11, tandis qu’à l’inverse le vin filtré par les Europor K1 présentait encore une turbidité de 3,2 et un coefficient de colmatage de 65. Pour couronner le tout, certaines plaques ont abimé le vin. Les Europor K1 ont eu un effet négatif sur la fin de bouche, tandis que les plaques NCA B-100 ont affecté ses arômes.

Pas un fabricant meilleur qu'un autre

Cette variabilité s’est répétée sur tous les segments de filtration, sans qu’aucun fabricant ne sorte du lot. Les expérimentateurs ont connu tous les cas de figure : des plaques plus lâches qu’elles n’auraient dû l’être, d’autres plus serrées. Lors des filtrations dites « stériles » des plaques ont retenu les bactéries mais pas les levures alors qu’elles sont plus grosses !

A ce stade, seule la plaque Seitz EKS de Pall a permis d’obtenir un vin réellement pauvre en germes, avec moins de 1 UFC/100 ml. « Cela est d’autant plus surprenant que la taille des levures se situe entre 1,5 et 4 μm, alors que les plaques annonçaient pouvoir retenir les particules de 0,4 à 0,1 μm ! Le diamètre de rétention annoncé par les fabricants est ici très abusif », tempète Hervé Romat. Dans ce cas, difficile d’embouteiller sans une filtration complémentaire sur membranes.

Côté dégustation, les filtrations ont globalement eu moins d’impacts négatifs sur les vins rouges que sur les vins blancs. 

 

(1) Etude parue dans la revue des œnologues n°165

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Tous les commentaires (4)
Jean Savary Le 01 mars 2018 à 16:36:57
La méthode comparative est intéressante. Par contre c'est aberrant de parler de tailles de particules retenues à propos des plaques. On sait depuis toujours que la rétention est faite dans l'épaisseur de la plaque. Ce n'est pas un tamis calibré en surface! La pression et le débit, la charge, le colmatage ou la contamination en amont influent sur la quantité de microorganismes passant. Il y a là une méconnaissance de l'objet étudié.
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Michel COULET Le 08 février 2018 à 10:55:42
Pour moi le problème d'écart de porosité entre les fabricantsn'est pas nouveau, parce que chaque fabricant détermine la porosité de sa plaque avec une méthode différente. C'est bien dommage pour les utilisateurs les principaux fabricants n'ont jamais réussis à s'entendre sur une méthode unique de détermination de la porosité.
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Marie Laure Le 07 février 2018 à 14:23:07
Article intéressant mais qui manque de rigueur à mon goût. Les plaques mentionnées ne sont pas équivalentes entre elle. Exemple : la beco K1 doit être comparée à la K900 de Pall et non la K200. A noter également que la filtration sur plaque est une filtration nominale et non absolue.
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Adrien Le 06 février 2018 à 07:18:29
A la limite la turbidité n'est pas en soi un problème, même sur les vins blancs. Le problème est l'altération du goût et de la texture par certaines plaques.
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