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Lutte contre le gel
Le renouveau des fils chauffants

Un vigneron champenois lance une nouvelle génération de fils chauffants, qui permettent de s'affranchir des risques de vandalisme. Ce mode de protection reste coûteux.
Par Michèle Trévoux Le 15 février 2018
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Le renouveau des fils chauffants
Vincent Phlipaux : 'L’an dernier, j’ai eu 6 nuits de gel dont une où la température est tombée à -6°C. Dans mes parcelles protégées par mes fils chauffants de 15 W de puissance, j’ai compté 18 grappes/m2 aux vendanges alors que je n’avais que 3 grappes/m2 dans le témoin non chauffé » - crédit photo : Cédric Faimeli GFA
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nstallé depuis 7 ans aux Riceys, Vincent Phlipaux a connu cinq années de gel. Lassé des chaufferettes polluantes, il s’est intéressé aux fils chauffants, un système utilisé dans le passé mais délaissé car très coûteux et sujet au vol et vandalisme. Pour le vigneron champenois, ces fils ont pourtant bien des atouts : efficaces, non polluants et utilisables quelle que soit la taille et la pente des parcelles. Restait à trouver comment sécuriser les installations et à diminuer les coûts.

Vincent Phlipaux, qui a fait un peu d’électro-mécanique au cours de ses études, s’y est attelé. En décembre 2017, il a déposé un brevet pour son système Alto’gel qu’il commercialise depuis cette année.

6 fois plus de grappes

« L’an dernier, j’ai eu 6 nuits de gel dont une où la température est tombée à -6°C. Dans mes parcelles protégées par mes fils chauffants de 15 W de puissance, j’ai compté 18 grappes/m2 aux vendanges alors que je n’avais que 3 grappes/m2 dans le témoin non chauffé », affirme-t-il.

Ses fils s’attachent au fil porteur du palissage. Ils conviennent pour protéger les vignes taillées en guyot à plat ou en cordon de Royat, mais pas à celles taillées en Chablis, un mode de conduite fréquent en Champagne.

Une protection des bourgeons et feuilles

Les fils dégagent 11 à 15 W au mètre linéaire, selon les modèles. Vincent Phlipaux expliquent qu’ils protègent directement, par la chaleur qu’ils produisent, les bourgeons et les feuilles sur un diamètre de 10 à 15 cm autour d’eux. Mais ils protègent également des feuilles plus éloignées comme ils réchauffent le bois et de la sève qui circule dans les ceps. Il ajoute : « si on ne veut protéger que le bas d’une parcelle, par exemple, c’est possible ».

Au bout de chaque fil, il y a une prise étanche que l’on raccorde par un système de câbles en araignée à une armoire électrique. Pour limiter les risques de vandalisme, seul le fil chauffant reste dans la vigne. Tous les autres éléments du kit (boitier de branchement, liaisons froides, boitier de commande, sonde de température) ne sont installés que durant la période de gel.

Vincent Phlipaux en convient : la présence des fils dans la vigne rend la taille plus délicate. Mais si on en a sectionné un par un coup de sécateur malheureux, pas d’inquiétude : l’inventeur a prévu un kit de réparation.

 

Une protection à 24 000 €/ha

Le kit de Alto’gel comprend une armoire électrique, des raccordements, des câbles araignée pour relier les fils à l’armoire électrique, une sonde de température et les fils chauffants. Pour protéger une vigne plantée à 9 500 pieds/ha il faut compter 24 000 €/ha. Avec cela, il faut un groupe électrogène pour produire l’électricité. Vincent Phlipaux évalue que ce groupe consomme entre 25 et 30 l de GNR par heure et par ha, soit 120 à 140 €/ha pour 7 heures de chauffage. Lorsqu’on lui dit que 24 000 €/ha c’est extrêmement cher, il répond que les précédents systèmes coûtaient 35 000 €/ha. Il fait la comparaison avec les bougies. « Elles coûtent 9 € pièce. Il en faut 500 par ha. L’an dernier, il a fallu chauffer 6 à 7 nuits ce qui a coûté entre 27000 et 31500 €/ha. Je suis submergé de demande. Je ne pourrai pas répondre à tout le monde cette année ».

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