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Un plan d’action à 410 000 euros après la catastrophe du gel
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Bergerac
Un plan d’action à 410 000 euros après la catastrophe du gel

Avec un déficit de 235 000 hl (soit 35 millions €), le vignoble du Périgord fait face à un défi historique, exacerbant ses difficultés conjoncturelles et hâtant la mise en place d’une batterie de mesures d’accompagnement.
Par Alexandre Abellan Le 11 décembre 2017
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Un plan d’action à 410 000 euros après la catastrophe du gel
Ayant annoncé sa volonté de passer la main en janvier 2017, Paul-André Barriat est toujours à la présidence de l’IVBD au moins jusqu’à l’été 2018. « Il y a une tendance au dégagisme en politique que l’on ne retrouve pas à Bergerac » s’amuse-t-il. - crédit photo : IVBD
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 C’est la première fois que l’on voit des déclarations de récolte dont les volumes sont de 0 hectolitre… À Bergerac, la récolte 2017 est historiquement déficitaire à cause du gel et de la sécheresse. Plus catastrophique qu’en 1991 ! » alarme Paul-André Barriat, le président de l’Interprofession des Vins de Bergerac et Duras. En réponse à cette demi-récolte, la filière périgourdine a dévoilé ce 7 décembre des mesures d’accompagnement : le Plan d’action suite au gel (soit PAsSAGe).

Avec une enveloppe de 410 000 euros, son but est de limiter « l’appauvrissement du territoire en permettant de rebondir le mieux possible » espère Paul-André Barriat. Quatre actions vont être pilotées par une nouvelle recrue de l’IVBD, l’ingénieure agronome Mathilde Vanquaethen, qui va accompagner le montage des demandes d’aides auprès de FranceAgriMer. Le plan d’action étant aussi soutenu par l’IVBD, la Fédération des Vins de Bergerac-Duras, la Chambre d’Agriculture de Dordogne, la Communauté de Communes, le Crédit Agricole…

PAsSAGe

Le premier volet du plan d’action est l’aide à la réalisation de diagnostics conseils auprès des 100 domaines bergeracois en difficulté économique (qu’il s’agisse de caves particulières ou coopératives). Avec une enveloppe de 240 000 euros*, cet axe consiste à réaliser un état des lieux de chaque exploitation pour lui proposer un plan de relance au printemps 2018 (financier, technique, commercial, humain…). La deuxième action est une aide supplémentaire à l’export pour les domaines vendant à l’étranger (ce qui représente aujourd’hui 10 % des volumes de Bergerac). L’enveloppe de 100 000 euros doit concerner une cinquantaine d’entreprises, pour un montant de 2 000 € de prise en charge d’inscription à des salons ou concours.

Le troisième axe se penche sur l’œnotourisme, avec un soutien de mise aux normes d’accessibilité et de sécurité incendie. Cette mise en conformité pour les publics handicapés vise les 117 vignerons membres de la route des vins de Bergerac. Un concours doit également être mis en place pour distinguer les meilleures initiatives œnotouristique. Le quatrième volet est quant à lui une aide à la transition numérique, pour la cinquantaine d’exploitation ayant du mal à passer le cap de la dématérialisation.

Limites interprofessionnelles

Malgré son nom, ce plan d’action touffu ne comporte pas d’aides directes aux exploitations touchées par le gel. Ce qui peut décevoir dans un vignoble ravagé et en attente de soutien plus opérationnel pour passer ce coup dur. « Ce plan se fait dans les limites de nos missions interprofessionnelles » reconnaît Paul-André Barriat. En fait, le plan d’action est une déclinaison de la stratégie 2015-2025 de l’IVBD, qui a adapté sa copie et accéléré sa mise en œuvre.

Avec 235 000 hectolitres de déficit et 35 millions d’euros de perte de chiffre d’affaires (voir carte des dégâts ci-dessous), la demi-récolte de 2017 arrive dans une situation déjà difficile à Bergerac. « Nous avions déjà eu une très petite récolte en 2013, qui avait conduit à une hausse des cours nous déréférençant de la grande distribution. Nous étions en train de remonter grâce aux dernières récoltes, 2017 est une douche froide » soupire Paul-André Barriat. Qui souligne que les stocks de 2016 permettent un début de campagne correct pour le vrac. « Les prix sont raisonnables à 1 100 euros le tonneau de Bergerac rouge. Il ne faudrait pas dépasser 1 200 €, cela aurait un effet destructeur… » glisse Paul-André Barriat.

 

* : En pratique, un vigneron demandant ce suivi devra régler 240 € pour une prestation coûtant 2 400 € (40 % étant à la charge de FranceAgriMer et 40 % de l’IVBD).
 

 

Touchant les trois quarts du vignoble périgourdin, le gel a plus particulièrement ravagé les zones de Pécharmant (à 90 %, avec des rendements de 5 hl/ha) et de Montravel (à l’Est du bassin viticole).
 

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