LE FIL

ODG Cognac

Éric Billhouet président réélu pour l’innovation, pas la division

Jeudi 09 novembre 2017 par Alexandre Abellan

 L’élection des délégués de la section ODG a eu lieu ce 24 octobre, la nomination de son bureau s’est tenue ce 6 novembre au siège du BNIC à Cognac. L’élection des délégués de la section ODG a eu lieu ce 24 octobre, la nomination de son bureau s’est tenue ce 6 novembre au siège du BNIC à Cognac. - crédit photo : UGVC (S.Charbeau)/DR
Avec la reconduction du président de l’Organisme de Défense et de Gestion, l’année électorale charentaise semble toucher à sa fin. Une tranquillité secouée par l’éviction du représentant de Martell, le deuxième négociant de l’appellation.

« Sur nos 85 délégués élus, nous avons 36 nouvelles têtes. (28 viticulteurs, 6 négociants et 2 bouilleurs de cru). C’est une façon de renouveler les générations, de les impliquer et d’éviter les cassures de transmission ! » se réjouit Éric Billhouet, tout juste réélu président de l'Organisme de Défense et de Gestion de l'appellation Cognac, section du Bureau National Interprofessionnel du Cognac*.

Mais la question du renouvellement prend un sens très différent alors qu’éclaterait au grand jour une bisbille dans le collège du négoce (comportant 13 membres). Rapportée par le Sud-Ouest, la non-reconduction du représentant de Martell, deuxième maison de Cognac et filiale du groupe Pernod-Ricard, a surpris plus d'un opérateur charentais (sollicité, Martell ne souhaite pas réagir). « L’éviction pourrait être liée aux désaccords entre Martell et le leader de Cognac, Hennessy (groupe LVMH). [Entre] la commercialisation aux États-Unis de Martell Blue Swift, un VSOP dont le vieillissement se termine dans d’anciens fûts de bourbon, ou le lancement en Asie du XXO Hennessy, qui joue avec l’appellation générique XO » suppute le quotidien régional.

"Pas de politique à l’ODG"

« À l’ODG nous ne faisons pas de politique ou de commentaires de l’actualité. Évidemment l’ODG doit être représentative de l’ensemble des acteurs. Et on peut déplorer que l’ensemble des grandes maisons n’y siègent pas. Mais les élections se sont bien passées dans les règles » évacue Éric Billhouet. Qui a cependant pris bonne note des enjeux liés aux innovations, alors que Blue Swift de Martell a fait objet d’une décision interprofessionnelle lui faisant perdre après passage en fûts de Bourbon la qualité Cognac VSOP (représentant 100 % de l’ingrédient de la cuvée). « On marche en parallèle de ce qui se fait chez les autres spiritueux. Et nous sommes ouverts à toute innovation, pour peu qu’elle se passe dans le cahier des charges » précise Éric Billhouet.


Pour lui, « la question n’est plus de réagir aux innovations des opérateurs, mais de les anticiper ». Un groupe de travail dédié va ainsi être créé au sein de la section ODG. Le comité paritaire pourra commencer par se pencher sur le projet d’une eau-de-vie de Charente, alcool blanc issu de la zone d’appellation. Une innovation qui n’est pas sans rappeler la mention complémentaire Blanche d’Armagnac, eau-de-vie fraîche reconnue par décret en 2005.
 

Feuille de route

Exploitant le domaine de Garancille en Grande Champagne, Éric Billhouet a été élu à la présidence de l’ODG en 2014. Résolument discret durant son premier mandat, il en fait désormais le bilan : de la validation de la nouvelle mouture du cahier des charges en janvier 2015, au nouveau plan de contrôle en octobre 2015, sans oublier les réponses aux questions de la commission européenne sur la fiche technique (notamment sur les teneurs en composés volatils et le méthanol).

Désormais il a sur le métier les mentions de provenance complémentaires (notamment des îles charentaises, soit Oléron et Ré), ainsi que la mise en place charentaise du dispositif pieds morts et manquants avec l’INAO. Sans oublier les travaux d’actualisation du prochain Business Plan, qui seront lancés après l’élection en assemblée plénière du nouveau président du BNIC (ce 14 novembre).

 

* : Indépendante du BNIC, l’ODG est dans les faits l’organe de validation des décisions interprofessionnelles (concernant le cahier des charges, mais aussi les rendements de production ou les contingents de plantation). « L’intégration de l’ODG dans l’interprofession était un signe de confiance de la production que nous ne regrettons pas » juge Éric Billhouet.

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