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La guerre des roses

Troisième tentative d'opposition du Cerdon contre la Clairette de Die rosée

Mardi 21 février 2017 par Juliette Cassagnes
Article mis à jour le 23/02/2017 17:30:10

Le Cerdon est un vin d'AOP méthode ancestrale rosée élaboré à partir du cépage Gamay
Le Cerdon est un vin d'AOP méthode ancestrale rosée élaboré à partir du cépage Gamay - crédit photo : J.Cassagnes
Le syndicat des vins du Bugey a déposé en janvier 2017 un recours en Conseil d'Etat afin d'empêcher la production de Clairette de Die rosée. Cette nouvelle tentative n'empêchera pas les premières cuvées du millésime 2016 d'être commercialisées dès ce printemps.

Enième rebondissement dans l'affaire qui oppose le syndicat de viticulteurs du Bugey (Ain), producteurs du Cerdon, à celui des viticulteurs du diois, producteurs de la Clairette de Die (Drôme). Après deux contestations émises dans le cadre des Procédures nationales d'opposition, en 2015 et en 2016, les vignerons du Bugey ont décidé de contrer une nouvelle fois la décision d'autorisation de production de la Clairette de Die rosée. Ils ont déposé, mi-janvier 2017, un recours devant le Conseil d'Etat contre l'arrêté autorisant les viticulteurs de la Clairette à élaborer cet effervescent. Ces derniers ont été autorisés à en produire en septembre 2016 par l'Inao, puis en novembre 2016 par un arrêté du ministère de l'agriculture.

"4000 hectolitres sur le marché pour le millésime 2016"

Les arguments contenus dans le recours portent sur plusieurs points : un vice de forme, par l'absence d'information aux opposants et l'absence de pièces obligatoires aux Journaux officiels de la PNO, l'absence d'étude d'impact, et enfin la méconnaissance des règles de reconnaisance des AOC. « Celle-ci suppose l'existence d'un usage ancien, loyal et constant. Or la notion de constant n'est pas respectée. Car il s'agit bien de la création d'une couleur avec un nouveau cépage non utilisé jusqu'alors dans cette production de Clairette de Die », a déclaré Eric Angelot, président du syndicat des vins du Bugey, lors de l'AG.

Ce recours porté contre le ministère de l'agriculture est non suspensif, ce qui permet aux producteurs drômois de poursuivre l'élaboration de leur nouveau vin, dans l'attente de la décision. Cette dernière ne devrait pas tomber avant plusieurs mois. Les premières bouteilles issues de la récolte 2016 seront donc commercialisées dès la fin avril 2017, après une durée de quatre mois de prise de mousse. Un volume de 4000 hectolitres tout au plus devrait se retrouver sur le marché.

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albert Le 22 février 2017 à 14:23:46
Je suggère à Monsieur Angelot de mieux choisir ses combats ... et de viser à faire connaître les vins de Bugey d'une manière plus élégante et positive. S'ingénier à mettre des bâtons dans les roues à de potentiels concurrents (franco-français qui plus est !) n'est pas la marque d'une grande confiance dans son propre produit. Le problème majeur que rencontrent ces Bugeys pétillants est qu'ils ne peuvent prétendre au mieux qu'à des marchés de niche vu leur (faible) notoriété et leur très faible volume de production. Ne vaudrait-il pas mieux que le Syndicat déploie de l'énergie à "imposer" ses produits sur les tables locales, voire au plan régional ? Là, on est témoin de la plus bête des guerres picrocholines.
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