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Clairette de Die rosée : l'idée ne plaît pas aux producteurs de Cerdon
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Le Syndicat des producteurs du Bugey accuse ses homologues drômois de les phagocyter...
Clairette de Die rosée : l'idée ne plaît pas aux producteurs de Cerdon

Par Juliette Cassagnes Le 21 juillet 2015
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Clairette de Die rosée : l'idée ne plaît pas aux producteurs de Cerdon
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 Nous ne voulons pas les phagocyter ; la Clairette restera à 90% du blanc ! », tient à redire Fabien Lombard, viticulteur président du syndicat de l'AOP Clairette de Die (Drôme), en réponse aux dernières déclarations dans la presse du syndicat des producteurs du Bugey (Ain). Ce dernier accuse en effet ses homologues drômois - qui ont entamé des démarches depuis 2010 en vue de produire de la Clairette en rosé - de vouloir imiter et concurrencer leur propre vin. Le « Cerdon » est en effet une « méthode ancestrale » rosée, élaborée à partir du cépage rouge Gamay. Le syndicat des vins du Bugey a donc fait savoir son opposition, via un courrier à l'INAO, lors de la phase de « procédure nationale d'opposition » (PNO) lancée en mai dernier.

De son côté, le syndicat des producteurs de l'AOP Clairette de Die explique que cette démarche permet de répondre naturellement à « une demande du marché » et « d'utiliser des cépages rouges déjà implantés, le Muscat rouge et le Gamay ». « Le cépage principal et traditionnel restera le Muscat blanc, à hauteur de 75% dans l'assemblage; le Gamay ne représente que 10% maximum et n'est pas obligatoire dans l'assemblage final, tente de rassurer Fabien Lombard. Nos produits seront donc différents. Et quels que soient les cépages, l'appellation reste plus forte que le cépage ! ».

Pour convaincre du bien fondé de leur démarche, le viticulteur fait également valoir « l'antériorité historique » de la Clairette rosée : « On a retrouvé des traces de sa production dans la littérature, qui remontent à 150 ans environ, poursuit celui-ci. On se contente donc de la remettre au goût du jour ».

« Ce produit restera un complément de gamme qui ne dépassera pas les 10% de notre production, soit moins de 9.000 hl..Il n'y a donc pas à avoir peur, conclut celui-ci. Et si demain le Cerdon veut produire du blanc, on ne les en empêchera pas...Il faut savoir faire évoluer les AOC au lieu de les bloquer !».

Lancée en mai et d'une durée de deux mois, la « PNO » touche désormais à sa fin. Il revient dorénavant au Comité national de l'INAO de décider de la suite à donner. Mais la date d'examen par ce dernier n'est pas encore fixée. Il n'aura probablement pas lieu avant les prochaines vendanges. En cas d'accord donné par l'Institut, les producteurs de Clairette devront donc patienter jusqu'à la récolte 2016 pour pouvoir lancer leur nouveau produit. 

[crédit photo: J Cassagnes]

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