LE FIL

4 ans, 6 mois et 22 jours

Vendredi 09 décembre 2016 par Alexandre Abellan

Stéphane Le Foll est ministre de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Forêt depuis le 16 mai 2012. Soit 4 ans, 6 mois et 22 jours à date. Le précédent record de longévité était tenu par le récemment disparu Edgard Pisani (4 ans, 4 mois et 15 jours).Stéphane Le Foll est ministre de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Forêt depuis le 16 mai 2012. Soit 4 ans, 6 mois et 22 jours à date. Le précédent record de longévité était tenu par le récemment disparu Edgard Pisani (4 ans, 4 mois et 15 jours). - crédit photo : Alexandre Abellan (visite ministérielle dans le vignoble bordelais ce 29 juin)

Sauf ultime rebondissement, le gouvernement vient de connaître son dernier remaniement ministériel avant les élections présidentielles. Maintenu rue de Varennes sous les cinq derniers gouvernements, Stéphane Le Foll peut revendiquer en toute tranquillité le record de longévité au poste de ministre de l’Agriculture sous la Ve République. Malgré l’usure de sa fonction, et des crises agricoles à répétition, sa mèche caractéristique n’aura pas pris un pli en 4 ans, 6 mois et 22 jours. Comme sa volonté de donner à l’agriculture française une dimension d’éco-système pérenne. Depuis mai 2012, le député de la Sarthe, porte le drapeau de l’agro-écologie, a décliné ce concept dans toute sa politique agricole (dont il fait lui-même bilan, relire ici sa tirade à brûle-pourpoint sur Aristote). Mais au-delà de cette notion déclinée sur le nouveau plan Ecophyto, que reste-t-il de l’exercice de son ministère pour le vignoble hexagonal ?

En terme d’images, Stéphane Le Foll est le ministre qui aura fait le plus consciencieusement le tour des vignes grêlées (de la Gironde en 2013, au Languedoc en 2016). Tout en ayant la franchise d’annoncer d’entrée qu’il arrivait avec des poches vides. Le ministre était d’humeur plus généreuse pour le plan national de recherche sur le dépérissement de la vigne (y allouant 10,5 millions d'euros). Du point de vue des représentants du vignoble, il a surtout soutenu le maintien d’un encadrement européen des plantations (obtenu à l'arrachée en 2013), puis accompagné la généralisation du Volume Complémentaire Individuel (VCI) et appuyé la naissance d’une assurance récolte (même si le contrat-socle ne suscite par l’engouement escompté). Mais il mais n’a pas réussi à trancher les débats sur la chaptalisation. Au final, Stéphane Le Foll a nourri de bonnes relations avec la filière viticole (mis part l’incident de la bonbonne de gaz à Narbonne, revendiquée l’été 2013 par le Comité d’Action Viticole)

Dommage pour son bilan quinquennal que l'épineux dossier des Equipements de Protection Individuel reste toujours en suspens. La généralisation de l'obligation de porter ces EPI après le délai de rentrée témoigne d'un report des responsabilités sur le vignoble (sans même parler de la simple faisabilité en période estivale). Tout espoir n'est pas perdu : il reste cinq mois au ministre pour peaufiner son héritage et achever de laisser au vignoble un bon souvenir !

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