LE FIL

Stéphane Le Foll en Pic Saint-Loup

« Il faut revoir notre système d’assurance récolte »

Mardi 30 août 2016 par Michèle Trévoux

Stéphane Le Foll, ministre de l'Agriculture : ' Je dois reconnaître que c’est du lourd. Cette grêle fait partie des plus destructrices que j’ai été amené à constater. Et dieu sait si ces derniers temps, j’en ai vu des dégâts de grêle »
Stéphane Le Foll, ministre de l'Agriculture : ' Je dois reconnaître que c’est du lourd. Cette grêle fait partie des plus destructrices que j’ai été amené à constater. Et dieu sait si ces derniers temps, j’en ai vu des dégâts de grêle » - crédit photo : Michèle Trévoux
En visite dans l’Hérault ce lundi 29 août, le Ministre de l’Agriculture annonce son intention de revoir l’actuel dispositif d’assurance récolte, qu’il juge inadapté à la fréquence et à la violence des aléas climatiques.

« Je dois reconnaître que c’est du lourd. Cette grêle fait partie des plus destructrices que j’ai été amené à constater. Et dieu sait si ces derniers temps, j’en ai vu des dégâts de grêle ».  En déplacement ce lundi 29 août dans le Pic Saint Loup, Stéphane Le Foll a pu constater de visu l’ampleur des dégâts suite à l’orage de grêle du 17 août dernier : « plus de 2 000 ha de vigne ont été touchés dont 1000 ha sont décimés entre 80 et 100 %. A ce jour, les pertes en production sont estimées à 100 000 hl», a rappelé Jérôme Despey, président de la chambre d’agriculture de l’Hérault.  Le Pic Saint Loup est la région la plus impactée avec 1 500 ha endommagés. Environ 160 exploitations viticoles (100 coopérateurs et 60 vignerons indépendants) sont concernées. Le syndicat de l’AOP Pic Saint Loup annonce que 60 %  de l’appellation est touchée. « A la veille des vendanges, je comprends quel choc psychologique ont pu ressentir les vignerons à la vue des ces vignes dévastées. Nous allons les accompagner en travaillant sur des mesures conjoncturelles et structurelles », a confié Stéphane Le Foll.

Mesures d'accompagnement

En réponse à la demande de la profession, le Ministre a confirmé que les viticulteurs sinistrés pourraient bénéficier de l’exonération de la taxe sur le foncier non bâti. « Bercy a été saisi », a-t-il indiqué. Il a confirmé le report des cotisations sociales. Pour les viticulteurs les plus en difficulté, l’exonération de ces cotisations MSA pourra être étudiée, a précisé le Ministre. Il a également acté les mesures de chômage partiel tout comme la possibilité pour les viticulteurs sinistrés d’acheter des raisins ou des moûts. Pour les achats de vin, il s’est montré plus prudent. « C’est un sujet plus compliqué. Il faut en discuter avec les professionnels » a-t-il répondu à Bernard Nadal, président de l’IFV et viticulteur en Pic Saint Loup, qui réclamait la possibilité pour les viticulteurs sinistrés de bénéficier d’un statut de négociant pendant un an. Enfin, Stéphane Le Foll a également confirmé qu’il avait saisi le FNGRA (fonds national de gestion des risques agricoles) pour les dommages en perte de fond. Une procédure est engagée, les décisions sont attendues pour octobre, date du prochain conseil du FNGRA.

"Nous allons lancer un grand audit pour trouver des idées nouvelles de financement"

Ce déplacement a été l’occasion pour le Ministre de faire part de sa volonté de revoir le dispositif d’assurance récolte. « Le climat est bouleversé. Vu la fréquence et la violence des aléas climatiques, tout ce que nous avons mis en place depuis 30 à 40 ans est à revoir. Nous allons lancer un grand audit pour trouver des idées nouvelles de financement pour la mutualisation des risques ».
Les contrats socle d’assurance récolte, lancés l’an dernier par les assureurs et subventionnés à 65%, sont loin d’avoir fait un tabac. « Sur 800 000 ha de vigne en France, seuls 150 000 ha sont assurés. Ce n’est pas normal », a martelé Jérôme Despey. Faut-il rendre cette assurance obligatoire ? « On peut l’imaginer, a répondu le Ministre, précisant que ce serait compliqué pour les exploitations en situation difficile. « Nous allons travailler sur la manière dont on va appeler les financements, notamment avec les enveloppes OCM ». Ce grand débat sera lancé le 7 septembre prochain avec le Conseil général de l’Agriculture.

RÉAGISSEZ A L'ARTICLE

Recopier le code :
Processing
VOS RÉACTIONS
vigneronderions Le 31 août 2016 à 09:38:46
Assurance obligatoire, financement OCM, qui est capable d'écrire que nous sommes dans un pays à l'économie libérale. avec de telle perspective, j'ai de moins en moins envie de continuer de faire ce métier de vignerons. Une des réponses les plus simple était de faire des réserves dans notre monde du vin qui a des rendements plafonnés, c'est une mesure simple, qui ne coûte rien (j'ai demandé pendant 20 ans à Bordeaux... le bon sens à fini par l'emporter mais 20 ans c'est beaucoup trop long). Autre piste en ces temps de replantation frénétique c'est de rendre systématique les plantations anticipé afin de réduire l'impact des vignes sans production sur nos compta. Intégrer les aléas climatiques dans notre cycle de production est le b.a.-ba de notre métier, aujourd'hui ce n'est pas les aléas climatiques qui nous posent problème, c'est nos marges insuffisante pour les absorber. La mise en place de subvention ne règlera rien, nous l'avons bien remarqué avec la politique de la PAC depuis 30 ans, les politiques aimant bien se sentir indispensable, ils poussent invariablement dans la direction de l'assistanat. Je ne suis pas très riche mais j'ai une assurance grêle pour 3500 euros par ans je couvre 30 ha, avec une franchise importante (30% seuil d'intervention, puis franchise dégressive à 100% de perte je n'ai que 10% de franchise), je couvre les catastrophes le reste étant normalement acceptable dans la profession d'agriculteur. La gestion ce n'est pas juste un bilan comptable c'est aussi prendre les bonnes décisions, et quand je regarde les vignerons autour de moi, je me pose des questions...
reynouard christophe Le 30 août 2016 à 21:55:51
bonjour, je compatis avec tous les collègues qui ont subi la grele ,mon secteur a beaucoup grele par le passé une toute petite cette année sur les 17 hectares du domaine j'ai équipé 4.5 hectare de filet pare grele efficace contre la grele ,je n'ai pas eu de très grosses grele depuis que je suis équipé mais des greles avec des pertes de 50 à 60% cela a été efficace,les assurances n'assure pas les dépressions ,le mal etre qui suit une grele
CHATEAU HAUTE-NAUVE Le 30 août 2016 à 19:42:02
Assurance bien trop chère, si dégâts, augmentation conséquente. J'ai été concernée en 2009 : 80% de la propriété touchée... Bénévole avec ADELFA pour système de générateurs avec diffusion de iodures d'argent. Dans le bordelais, trop peu d'appareils pour être efficaces !
Voir toutes les réactions
© Vitisphere 2019 - Tout droit réservé