lors que l’Union Générale des Viticulteurs pour l'AOC Cognac (UGVC) appelle à manifester ce mercredi 18 février devant « la distillerie des Moisans [pour avoir] fortement baissé ses engagements malgré les contrats signés, voire [ne] pas [avoir] payé les viticulteurs pour les vins enlevés », le Syndicat des Maisons de Cognac (SMC, réunissant 42 négoces dont la distillerie des Moisans) indique à Vitisphere ne pas soutenir cette initiative syndicale de la production pour enrayer les réductions des contrats entre viticulteurs et négociants : « nous regrettons cet appel à la mobilisation. Nous sommes dans un État de droit : les contrats engagent les parties et il existe des mécanismes de médiation et, le cas échéant, des voies de recours judiciaires pour traiter les différends. Les difficultés doivent se traiter dans ce cadre. » L’organe du négoce charentais soulignant que « le respect des contrats est un principe auquel nous sommes profondément attachés ».
Arguant que « la confrontation publique ne résout pas les déséquilibres économiques ; la discussion structurée, oui », le SMC estime que « dans une période aussi sensible, nous pensons que la responsabilité collective doit primer. Nous sommes favorables au dialogue et pleinement ouverts à poursuivre les échanges pour rechercher des solutions adaptées à la gravité de la situation. » Jouant le dialogue institutionnel, pour ne pas dire interprofessionnel, le SMC déclare que « notre priorité reste la préservation durable de la filière Cognac dans son ensemble. Cela suppose lucidité sur la crise, responsabilité de chacun et maintien d’un dialogue exigeant mais constructif. Nous devons collectivement trouver les ajustements nécessaires pour traverser cette période difficile sans fragiliser davantage l’écosystème. » Soit 4 251 viticulteurs et bouilleurs de cru, 244 maisons de négoce, 133 bouilleurs de profession, 14 500 emplois directs et 72 500 personnes vivant du Cognac d’après les estimations de l’interprofession (BNIC).
Ayant récemment dévoilé porter un stock d’eaux-de-vie record par ses volumes (80 % des 11 années de production actuellement en chais) et son coût (350 millions € de portage), le négoce de Cognac rappelle ne pas être épargné par les violents replis des marchés étrangers (141 millions de bouteilles pour 2,24 milliards € exportés en 2025, -15 % en volume et -25 % en valeur par rapport à 2024). « Les maisons sont en première ligne. Elles subissent de plein fouet la contraction de la consommation mondiale, les tensions géopolitiques et les perturbations commerciales » indique le SMC, pointant que « depuis la crise sanitaire, les maisons ont assumé un rôle de stabilisateur économique pour la filière. Elles ont soutenu leurs partenaires viticulteurs au maximum de leurs capacités, dans un contexte déjà très contraint. Aujourd’hui, force est de constater qu’elles arrivent au bout de cet exercice. Les équilibres économiques sont fortement dégradés. »




