'est voté. « Il sera dit que le premier cahier des charges vin AOC en matière d’édulcoration aura été Bordeaux claret » pose Christian Paly, le président au Comité national des appellations d’origine relatives aux vins de l'Institut National de l’Origine et de la Qualité (INAO). Réuni ce 12 février, le comité national valide la demande de l’AOC Bordeaux de pouvoir édulcorer jusqu’à 7 g/l son nouveau vin rouge frais avec des Moûts Concentrés ou Moûts Concentrés Rectifiés (MC/MCR) issus du terroir bordelais et en respectant le cahier des charges. « C’est historique ! C’est le mot employé hier en comité national » souligne Christian Paly, le viticulteur de Tavel (Gard) pointant que l’INAO va ainsi rapidement mettre en musique l’évolution de sa doctrine actée le 27 novembre.
Plus d’interdiction de l’édulcoration en appellation, mais un cadre précis pour les cahiers des charges en faisant la demande : ne pas amener le vin obtenu à plus de 9 g/l de sucres fermentescibles résiduels (glucose et fructose) avec un ajout de moûts de raisins pouvant être réalisé dès le premier novembre suivant la vendange (pour arriver après les vinifications) sur toutes les couleurs à la condition de garantir le maintien du lien à l’origine (réalisation dans l’aire géographique AOC à partir de moûts issus de la même appellation). Il reste encore à la demande de Bordeaux claret de passer la Procédure Nationale d’Opposition (PNO, ouverte pour deux mois), « comme on touche à un point sensible du cahier des charges » indique Christian Paly, relevant que d’autres AOC réfléchissent à cette autorisation, notamment les Côtes-du-Rhône qui sont aussi intéressées par la mention claret, sous forme de mention transversale.
Claret 2025
En attendant, Bordeaux a présenté lors du salon Wine Paris son premier millésime de la mention claret rénovée (16 500 hl revendiqués en rouge frais et fruité sur le millésime 2025, contre 10 000 hl dans la version rouge passée). Se définissant comme un vin "rouge fruité, léger à boire frais", le renouveau de la mention traditionnelle claret en appellation Bordeaux rouge présente une faible charge tannique (un Indice des Polyphénols Totaux entre 20 et 55) et une diversité de sucrosité (sucres résiduels allant de 0 à 7 g/l) ou de couleur (Intensité Colorante Modifiée de 3 à 15).
« Il s’agit de remettre au goût du jour un Bordeaux ancestral (frais et fruité) et sa mention historique (anglosaxonne depuis le XIIème siècle) » résume Stéphanie Sinoquet, la directrice de l’Organisme de Défense et de Gestion (ODG). Visible, la curiosité des visiteurs de Wine Paris est animée piquée par cette nouveauté. Mais « ce n’est pas ici que l’on saura si le claret marche ou pas » prévient Michel-Éric Jacquin, le président de l’ODG Bordeaux, pour qui « ce sont les consommateurs qui le diront dans quelques mois en mettant les bouteilles sur la table ou non. C’est le consommateur qui décide. » Et pour l’aider, le syndicat des Bordeaux va présenter ses 11 ambassadeurs sur d’autres salons : ProWein à Düsseldorf, Vinitaly à Vérone…




