e 14 janvier 2026, le tribunal de Commerce d’Auch (Gers) valide par jugement le plan de sauvegarde pour les 10 prochaines années du domaine de Tariquet (basé à Eauze) qui sort ainsi par le haut de la procédure collective ouverte le 17 janvier 2025 par la cinquième génération de sa famille propriétaire (Armin et Rémy Grassa). Plombé par une dette de 33 millions d’euros il y a un an à la suite des petites récoltes successives (l’équivalent d’une vendange perdue sur quatre millésimes) et d’une explosion des coûts de production (coûts des intrants et matières sèches, mais aussi des investissements pour la transition environnementale non rémunérée à sa juste valeur), le premier domaine en IGP Côtes-de-Gascogne a réduit son dimensionnement, passant de 1 125 à 1 000 hectares de vignes en production (100 ha d’arrachage, ainsi que des arrêts de fermage) et mis en place un plan d’économie (et de diversification avec le développement de vins blancs légers et d’effervescents).
Véritable électrochoc sur la fragilité des domaines viticoles, la mise en sauvegarde de Tariquet a alimenté la prise de conscience des difficultés de la filière vin, particulièrement secouée par les difficultés économiques, commerciales… Alors que les vignerons n’ont pas la culture des outils de gestion des défaillances collectives et doivent s’approprier ces dispositifs. « Je n’avais aucune notion des procédures collectives, ni même qu’il en existait des préventives » témoignait Rémy Grassa fin 2025, rapportant une mise à plat stratégique qui a permis d’écarter les parcelles les moins rentables et productives : « en termes de coûts de production, on économise 1 million € » expliquait Rémy Grassa.
Une rationalisation qui force à « sortir d’une zone de confort » pour « se recentrer sur l’essentiel et plus le superflu » résume Armin Grassa, codirigeant du domaine familial, affirmant ainsi la robustesse du domaine. Ayant communiqué ouvertement sur ses difficultés, Tariquet confirme que la mise sous sauvegarde est un acte de gestion. Un temps mort au basket : « le coach rentre sur terrain quand on se fait déborder, replace les joueurs pour s’adapter au nouveau contexte » résume Rémy Grassa. Qui doit désormais appliquer le plan de sauvegarde ces 10 prochaines années.




