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Il faut aider les caves coopératives, c’est l’État qui le dit. "L’amortisseur social est à bout."
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Audit CGAAER
Il faut aider les caves coopératives, c’est l’État qui le dit. "L’amortisseur social est à bout."

Désormais, ils voient le rapport. Les services ministériels ont sur leur table l’audit des difficultés économiques des coopératives, qu’il faut désormais mettre en action, alors que les caves demandent 35 millions € pour amorcer les travaux de restructuration en 2026.
Par Alexandre Abellan Le 18 décembre 2025
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Il faut aider les caves coopératives, c’est l’État qui le dit.
Se basant sur plus d'une centaine d'entretiens sur tout le territoire viticole, l'audit des trois enquêteurs du CGAAER donne une vision extérieure de l'ampleur de la crise dans la France des coopératives. - crédit photo : Adobe Stock (Klochkov)
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nfin : les caves coopératives viennent d’avoir ce mardi 16 décembre au ministère de l’Agriculture une présentation succincte du rapport du Conseil général de l'alimentation, de l'agriculture et des espaces ruraux (CGAAER) sur les 10 millions d’euros d’aide à la restructuration des caves coopératives. Lancé en mai (initialement pour être rendu fin octobre), l’audit justifie des besoins de fonds validés en février par les parlementaires : « toutes les alertes que nous envoyons depuis deux ans sont confirmées dans les éléments du rapport qui nous ont été présentés » indique Joël Boueilh, le président des Vignerons Coopérateurs de France, précisant que le rapport n’a pas été remis aux professionnels. La ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, ne l’a pas reçu officiellement, comme elle n’était pas présente à la remise de l’audit (ayant une réunion avec Matignon sur la Dermatose Nodulaire Contagieuse en même temps).

En l’état, le rapport des trois inspecteurs du CGAAER valide pour Joël Boueilh « notre analyse de la situation générale des coopératives et de leurs enjeux. L’un des maîtres-mots qui sort du rapport est que le statu quo n’est pas possible : nous devons bouger collectivement pour se donner les moyens d’être au rendez-vous. Il est affirmé que la puissance publique doit accompagner les caves coopératives, qui ont été trop souvent mises de côté dans les mesures de soutien à la filière. Il faut nous remettre au cœur du jeu pour passer les écueils qui nous attendent. Nous sommes une partie de la solution pour amener la viticulture vers son avenir. »

Mieux vaut tard que jamais

Ayant suivi la réunion parisienne, Fabien Castelbou, le président des Vignerons Coopérateurs d’Occitanie fait état d’une nouvelle avancée, encore théorique, mais permettant d’acter de prochaines étapes pratiques et politiques pour le soutien aux coopératives. Si le viticulteur languedocien note que l’« on peut toujours regretter que les choses n’aillent pas assez vite, il y a urgence !, mais il faut passer par ce point comme le sujet est complexe ». Désormais, un rendez-vous doit être pris avec Annie Genevard début janvier pour préciser les suites à donner à ce rapport. « Il faut une prise de décision politique assez rapide. On voit la prise de conscience et la volonté d’avancer du ministère » indique Fabien Castelbou, qui note que « les enquêteurs ont réaffirmé le rôle, l’intérêt et les bienfaits de l’outil coopératif en termes d’amortisseur de crise. Ils ont bien perçu ce que l’on dit depuis quelques temps : l’amortisseur social est à bout après de multiples crises conjoncturelles qui s’ajoutent à la crise structurelle qui est là. Le constat est partagé. »

C’est la vitalité des territoires qui est en jeu

Désormais, il faut passer du dire au faire, alors que les 10 millions € alloués à la restructuration en 2025 n’ont pas été mis à profit dans les temps et que la coopération demande 35 millions € en 2026 (avec la reconduction des 10 millions € de 2025 et 25 millions € demandés pour 2026). Une demande en suspens dans le projet de loi de financement pour 2026, liée au vote du budget dont le devenir reste en attente dans le contexte national politique actuel. « Il n’y a pas de sommes avancées dans le rapport, mais là où nous nous projetions sur trois années de travaux pour accompagner la restructuration, les enquêteurs proposent 5 ans. Ils confirment que cela ne se fait pas en claquant des doigts » indique Joël Boueilh, qui estime que les audits d’entreprises coopératives menés avec l’aide de la région Nouvelle-Aquitaine pourraient être déployés dans d’autres bassins pour établir des diagnostics financiers et stratégiques adaptés à chaque structure. « Il faut prendre en compte que certaines caves coopératives ont commencé à bouger sur leur réorganisation (et il faut les accompagner pour digérer des rapprochements et restructurations) » indique Joël Boueilh, pointant que pour d’autres, « des présidents et directeurs n’osent parfois pas se mettre en face de la vérité de leurs difficultés. C’est toujours difficile de dire que l’on n’est pas bien. Je peux l’entendre, mais nous sommes là pour les aider à passer des moments compliqués pour maintenir une viticulture en place : c’est la vitalité des territoires qui est en jeu. Cela dépasse nos caves »

Une forme de déni que perçoit également Fabien Castelbou : « tout le monde n’est pas au même degré de conscientisation face à la crise. Tout le monde n’a pas le même degré d’avancement dans ses réflexions, en fonction de leur exposition aux effets de la crise. » Reste une urgence pour le viticulteur languedocien : « il faut a minima mettre en place un dispositif dès 2026 » pour mettre en œuvre l’optimisation des outils coopératifs. Qu’il s’agisse de fermeture de sites, de réduction des capacités de conditionnement, de mutualisation d’outils, de rapprochements pouvant aller jusqu’à la fusion… « Rien n’est interdit en termes d’optimisation de fonctionnement » conclut Joël Boueilh.

 

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Tous les commentaires (2)
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bill et boule Le 18 décembre 2025 à 18:20:28
On demeure perplexe quant a la multiplication des audits financiers ainsi que des délais de remise des rapports sur des bilans et des comptes d exploitation aussi desiquilibres . Cela fait plusieurs années que les coopératives font le dos rond , receptionnent le raisin ... font le job de la vinification... tout en essayant de verser de temps à autre le maigre résultat de leur activité commerciale à leurs mebres . Les pouvoirs publics multiplient les manœuvres que d aucuns pourraient juger dilatoires. Il convient désormais de faire vite car beaucoup de ces entités sont désormais à bout de souffle et si elles cèdent elle emmènent avec elles leurs adhérents .Qui n ont guère la masse critique pour vinifiér la vendanges 2026 .Il faut donc faire vite et remettre la filière vin sur le dessus des priorités, vaches ou pas vaches.
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NSTI34 Le 18 décembre 2025 à 18:10:29
Franchement, ce rapport et cette demande de 35 millions ?, c'est un peu du vent. Quand on voit l'état réel de certaines coopératives ? cuves rouillées, matériel dépassé, structures à bout de souffle ? il faut arrêter de se raconter des histoires. Pendant des années, certains se sont gavés quand c'était possible, sans jamais travailler en se projetant sur l'avenir ni anticiper les crises. Toutes les coopératives ne peuvent pas être sauvées, et honnêtement, toutes ne le méritent pas. Il y a celles qui ont toujours investi, toujours anticipé : ce sont elles qu'il faut féliciter, encourager et aider à avancer. Pour les autres, fusionner ou restructurer, ça ne suffira pas, surtout quand on parle de caractères bien trempés, d'histoires de villages et d'ego locaux. La viticulture, c'est aussi ça : des territoires, des hommes et des habitudes, pas seulement des chiffres. Si l'objectif est de sauver la filière, il faut regarder la réalité en face : soutenir ce qui mérite réellement de l'être, laisser tomber ce qui est irrémédiablement fragile, et arrêter de croire qu'on peut tout rattraper avec des millions et des audits. Sinon, on continue de courir après des chimères pendant que le reste s'écroule.
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