rogneland. Comme un air de début 2025 en janvier 2026 : le président américain Donald Trump relance des menaces de surtaxes à l’encontre de la France, cette fois dans le cadre d’un bras de fer avec le Danemark et l’Europe pour prendre le contrôle du Groënland. Pour être présents militairement au Groenland, « à compter du premier février 2026, Danemark, Norvège, Suède, France, Allemagne, Royaume-Uni, Pays-Bas et Finlande se verront imposer un droit de douane de 10 % sur toutes les marchandises envoyées aux États-Unis d'Amérique. Le premier juin 2026, les droits de douane seront portés à 25 % » annonce Donald Trump ce samedi 17 janvier sur son réseau Truth Social. Alors que le moral mondial est déjà frappé d'inquiétudes, ces annonces ont de quoi jeter un nouveau froid sur les exportations française de vins, les menaces passées ayant semé le trouble, entre surstockage inquiet par précaution et suspension brutale des commandes pour éviter le risque de taxes plombant brutalement des containers sur l’eau.
S’il précise que « ces droits seront dus et payables jusqu'à ce qu'un accord soit conclu pour l'achat complet et total du Groenland », le président américain n’indique pas comment cette menace s’articule avec les 15 % de droits imposés depuis le 7 août 2025 et l’accord entre les États-Unis et l’Union Européenne du 27 juillet pour éviter une guerre douanière (les droits d’accises américains sur les vins européens étant passés de 0 % à 10 % le 9 avril 2025). L’avenir de cet accord transatlantique étant en suspens alors qu’une réaction européenne coordonnée est en préparation. « Les menaces tarifaires sont inacceptables » déclare ainsi le président français Emmanuel Macron sur Facebook, affirmant que « les Européens y répondront de façon unie et coordonnée si elles étaient confirmées. Nous saurons faire respecter la souveraineté européenne. » Ce que confirme la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen sur Twitter : « les tarifs douaniers sapent les relations transatlantiques et risquent de déclencher une spirale descendante dangereuse. L'Europe restera unie, coordonnée et engagée à défendre sa souveraineté. »
Outre-Atlantique les menaces douanières sont également critiquées. Ainsi la sénatrice républicaine de l’Alaska, en visite de soutien au Danemark et au Groenland avec d’autres élus américains, Lisa Murkowski déclare sur Twitter que « ces tarifs sont inutiles, punitifs et une profonde erreur. Ils éloigneront davantage nos principaux alliés européens tout en ne contribuant en rien à renforcer la sécurité nationale des États-Unis » et ajoute que « le Congrès doit travailler ensemble pour réaffirmer notre autorité constitutionnelle sur les tarifs douaniers afin qu'ils ne soient pas utilisés comme une arme de manière à nuire à nos alliances et à saper le leadership américain ». Des procédures judiciaires se poursuivant aux États-Unis pour remettre en cause les taxes Trump, les importateurs américains de vins critiquant des mesures leur étant défavorables économiquement.
On connait la chanson
Alors que les exportateurs français de vins et spiritueux craignaient que l’hostilité américaine ne reparte avec le projet de taxe française sur les géants du numérique (taxe GAFAM), c’est le dossier groenlandais qui sert de déclencheur à de nouvelles menaces caractérisées. Une stratégie usuelle de Donald Trump, qui l’a utilisée lors de son premier mandat. Des droits de douane de +25 % sur les vins français étaient brandis en 2019-2020 suite à des projets de taxes françaises sur les géants du numérique qui avaient été annulés après un coup de pression sur Emmanuel Macron que Donald Trump racontait encore en campagne électorale fin 2024. Des taxes Trump de 25 % ont ensuite été imposées pour les vins et spiritueux français d’octobre 2019 à mars 2021 (avant une suspension pour 5 ans par l’administration Biden, jusqu’en juin 2026). La première année du deuxième mandat de Donald Trump a été marquée par une succession de menaces et de revirements de taxes : 200 % sur les vins français en mars, 10 % sur tous les biens européens en avril puis 15 % en août sur la majorité des importations (les vins et spiritueux ayant échoué à obtenir une exemption à 0 %, qui étaient toujours demandées récemment). 2026 semble remettre une pièce dans la machine des menaces de douanes, le pire scénario pour les affaires des vins français.
Subissant l’effet ciseau des taxes Trump (+15 %) et de la dévaluation du dollar (aussi +15 %), les ventes de vins français ont subi leur plus fort recul à l’export sur le marché américain en 2025. Pesant sur le marché mondial des exportations de vin, la politique douanière américaine pénalise également ses propres vignobles, avec les pertes les plus importantes enregistrées par les vins américains en 2025.




