e janvier à septembre 2025, la France a exporté 9,4 millions d’hectolitres de vin pour 8,2 milliards d’euros de chiffre d’affaires, soit des baisses de 2 % en volume et 3 % en valeur par rapport aux neuf premiers mois de 2024 rapporte l’analyste Rafael del Rey (cabinet Analysts of Wine Markets, AWM). Relevant pour l’ensemble des vins français un prix moyen en baisse de 1 % (à 8,7 €/l), le statisticien note que la baisse de valorisation est la plus forte sur les vins effervescents, « principalement les vins de Champagne », (-6 % à 19,6 €/litre, soit 14,7 € l’équivalent bouteille de 75 cL), ce qui a permis de booster les ventes en volumes (1,5 million hl, +4 %) et de limiter la perte de chiffre d’affaires (2,9 milliards €, -2 %). Alors que les prix se sont maintenus pour les vins tranquilles embouteillés (7,7 €/l, soit 5,8 €/col), les volumes et le chiffre d’affaires ont chuté de 3 % (à respectivement 6,55 millions hl et 5 milliards).
Faisant le bilan des exportations de vins français sur les 9 premiers mois de 2025, l'analyste indique que la Champagne effectue une bascule notable dans ses exports : augmentant en volumes à 77 millions de litres (+2 % pour 102 millions de cols) avec une baisse de la valeur à 2,6 milliards € (-3 %). Ce qui se traduit par une baisse du prix moyen de 5 % sur les trois premiers trimestres, à 33,4 €/litre (soit 25 € en moyenne l'équivalent bouteille), une baisse amorcée depuis janvier 2025 après des années de fortes augmentations, amorcées après la crise covid (d'avril 2021 à décembre 2023). Permettant de regagner des marchés en volumes (notamment américains et anglais), cette tendance a peu d'impact sur les exportations de vins français en volume, mais un fort effet sur les performances en valeur (les champagnes comptant pour 8 % du volume total, mais le tiers de la valeur globale du secteur vin national à l'export).
-50 millions € pour Bordeaux
Pour les vins tranquilles, Rafael del Rey pointe que Bordeaux compte pour le tiers des pertes de chiffre d’affaires de la catégorie, dont il est le premier contributeur avec 50 millions € perdus (représentant -3 % pour un total de 1,5 milliard €). Loin devant la Bourgogne perdant 12 millions € (-1,1 % pour 1 milliard €), ou le Languedoc -26 millions € (-23 % à 88 millions €), ou le val de Loire et la vallée du Rhône (tous deux à -10 millions € pour 247 et 267 millions €)
En termes de destinations de janvier à septembre 2025, les pertes les plus importantes pour l’ensemble des vins français se concentrent d’abord en Amérique du Nord (-144 millions €, pour 1,9 milliard € au total) à cause de la chute des États-Unis (-11 % en valeur et -4 % en volume) qui n’est pas compensée par le développement du Canada (+10 et +5 %) : l’un étant lié à l’autre, les taxes Trump de 10 puis 20 % en 2025 sur les vins français ayant conduit à des négociations tarifaires et des réorientations commerciales sur des prix plus abordables.
Autre zone de fort repli pour les vins français, l’Asie (-130 millions €, à 1,7 milliard € au total), entre la chute de Singapour (-6 %), de la Corée du Sud (-15 %), de la Chine (-29 %)… La baisse de la consommation en Chine pèse lourd note Rafael del Rey, dont la note pointe que d’autres destinations prometteuses sont à la hausse, comme l’Océanie (+17 % à 234 millions €, notamment en Australie et Nouvelle-Zélande) et l’Afrique (+9 % à 197 millions €). Tandis que l’Union Européenne reste stable (étant le premier marché avec 2,6 milliards €).




