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700 ans d’activité pour les courtiers en vins de Paris
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Garants des transactions
700 ans d’activité pour les courtiers en vins de Paris

Les courtiers de Paris fêtent leur 700ème anniversaire. Au fil des siècles, ils ont été les garants des transactions entre vendeurs et acheteurs de vin.
Par Florence Bal Le 25 novembre 2022
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 700 ans d’activité pour les courtiers en vins de Paris
Les courtiers de Paris fêtent leur 700e anniversaire - crédit photo : DR
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eu d’organisations peuvent se vanter d’une telle longévité. La Compagnie des courtiers jurés-experts piqueurs de vins de Paris fête ses 700 ans, s’appuyant sur une ordonnance du 12 mars 1322 de  Charles le Bel. « Notre histoire commence avec le contrôle du commerce des vins en France, principalement à Paris », relate le site de la compagnie. Dans ce but, bien avant Charles le Bel, Saint Louis confie au prévôt de Paris, son représentant, le soin de codifier le fonctionnement des corporations de l’époque, ce que le prévôt fait dans Le Livre des métiers, vraisemblablement édité en 1268. Ce document mentionne l’existence des crieurs de vins, ancêtres des courtiers qui, déjà enregistrés, étaient tenus de prêter serment et de payer une charge pour avoir le droit d’exercer.

Fonctions qui se rapprochaient de celles d'un officier public

« [Leurs] fonctions se rapprochaient de celles d’un officier public […], précise la réédition du Livre des métiers par la Ville de Paris en 1879. Ils servaient de garants intermédiaires entre les marchands et les acheteurs pour le prix, la qualité et le mesurage des vins », qu’ils criaient « à gorge déployée dans les tavernes » ou sur la place de Grève, à Paris, où arrivaient les bateaux chargés de vins. Le Livre des métiers est le premier texte connu sur le courtage des vins.

L’ordonnance du 12 mars 1322 de Charles le Bel établit à 80 l’effectif des courtiers. Elle fixe à 30 livres parisis la caution qu’ils doivent verser pour exercer leur charge et à 12 deniers leur revenu pour la vente d’un « tonnel ». « C’est l’acte fondateur de notre compagnie », affirme Fabrice Bernard, son président actuel.

Charles VI désigne chaque courtier par son nom

Par la suite, une ordonnance du 30 juillet 1350 de Jean II ramène l’effectif à des courtiers à 60 et précise qu’ils encourent 60 sols d’amende et la perte de leur charge en cas de délit. Soixante ans plus tard, Charles VI désigne chaque courtier par son nom. Il leur octroie le droit de porter l'épée, privilège réservé à la noblesse, pour se défendre des clients insolvables. En 1415, il donne à 24 courtiers le monopole des pompes funèbres, apparemment une activité lucrative et convoitée. Ce sont les crieurs de corps et de vins.

En 1550, un nouvel édit d'Henri II acte l’évolution de la compagnie vers un fonctionnement coopératif. « Nous disons, statuons et ordonnons que les courtiers soient unis entre eux, que leurs profits, revenus, émoluments résultant de leurs offices soient mis en commun », indique le roi. Et afin d’améliorer la qualité de service, les courtiers seront divisés en deux groupes : l’un servira en place de Grève, dans les magasins et sur les places publiques, l’autre opérera dans les caves et celliers. Le tour de service des deux groupes changera chaque semaine.

En octobre 1591, deux règlements donnent le droit aux courtiers de saisir les vins qui ne transitent pas par leur intermédiaire. Au fil des siècles leurs prérogatives se renforcent mais la Révolution met un terme brutal à leur activité. Vingt-deux ans plus tard, en 1813, nécessité faisant loi, la Compagnie des courtiers-gourmets piqueurs de vins de Paris renaît par un décret de Napoléon Ier. Ses membres, nommés par le préfet de police, prêtent serment devant le Tribunal de Commerce et doivent signaler les vins falsifiés. La mention « piqueurs de vins » apparaît car les courtiers piquaient deux trous dans le fond des tonneaux pour goûter le vin sans les débonder.

Une association à but non lucratif depuis 1952

Depuis 1952, la compagnie est une association à but non lucratif reconnue d'utilité publique. Elle compte 25 membres actifs qui prêtent serment devant le Tribunal de Commerce. Ces derniers interviennent comme experts auprès des tribunaux et administrations. Ils organisent des dégustations, des formations et le concours "Les Lauréades". Ils éditent la carte des millésimes. Le 15 novembre, ils fêtaient leurs 700 ans au Tribunal de Commerce de Paris, lieu où ils prêtent toujours serment. Bon anniversaire à leur compagnie.

 

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