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Si vous ne devez livre qu’un livre sur le vin cette année, le voici
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Signé Pascaline Lepeltier
Si vous ne devez livre qu’un livre sur le vin cette année, le voici

Mille Vignes, c’est l’ouvrage de référence pour tous les lecteurs un tant soit peu intéressés et passionnés par l’univers du vin, qu’on le découvre à peine ou qu’on le parcoure depuis des décennies.
Par Alexandre Abellan Le 16 novembre 2022
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Ce livre est pensé pour « faire dialoguer les disciplines, et, comme en philosophie, repartir de leurs concepts de base, les interroger, découvrir leur généalogie et leur raison d’être » écrit Pascaline Lepeltier. - crédit photo : Hachette
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 Si je verse dans un même verre, tour à tour, de l’eau et du vin, les deux liquides y prendront la même forme, et la similitude de forme tiendra à l’identité d’adaptation du contenu au contenant » écrit Henri Bergson dans l’Évolution créatrice (1907, éditions Félix Alcan). De même, la forme d’un livre pédagogique sur le vin reste la même selon que son contenu soit transparent ou corpulent. Qu’il s’agisse de centaines de pages d’informations scolaires transparentes à force d’être rabattues ou d’une approche inédite du sujet lui faisant prendre corps et pétiller. Tenant de cette deuxième famille, l’ouvrage Mille vignes, penser le vin de demain écrit par la sommelière-philosophe Pascaline Lepeltier et illustré par Loan Nguyen Thanh Lan « est d’ores et déjà un livre de référence sur le vin » comme l’écrit dans sa préface le journaliste François-Régis Gaudry

À placer dans toute bibliothèque de praticien du vin entre the Oxford companion to wine de Jancis Robinson et le Goût du vin d’Émile Peynaud, Mille vignes permet non seulement de revenir aux fondamentaux de la vigne et du vin, mais de chercher à les expliquer et comprendre, plutôt qu’à les constater et apprendre. Paru cet automne aux éditions Hachette (354 pages pour 45 €), l’ouvrage est non seulement riche par ses sujets variés (de la viticulture urbaine au marketing des étiquettes, en passant par le greffage et le vocabulaire de la dégustation : minéralité, digestibilité…), mais aussi par ses approches transversales (géologie, microbiologie, sociologie…). Rien d’étonnant avec le parcours de Pascaline Lepeltier, qui a d’abord étudié la philosophie (avec une maîtrise sur Henri Bergson) avant de bifurquer vers le vin (remportant notamment les titres de meilleurs sommelier et ouvrier de France en 2018). Le vin lui donnant l’occasion de pratiquer la philosophie (comme l’émerveillement platonicien lors d’une dégustation du château Yquem 1937), la philosophie lui permettant d’apprendre la richesse du vin (dans ses entrelacs de matières).

On écrit les livres que l’on aimerait lire

« Je vais être honnête avec vous, c’est avant tout pour moi que j’ai écrit ce livre » écrit Pascaline Lepeltier, cherchant le chaînon manquant entre la vulgarisation et la spécialisation. Se rappelant ses lectures passionnées de l’encyclopédie Tout l’univers, la sommelière met à disposition une somme riche par son érudition et ses capacités de réflexion, notamment sur l’avenir de la filière vin. « Le vin est une des plus belles inventions humaines : il est le reflet de notre façon d’habiter la Terre » écrit Pascaline Lepeltier, prenant la défense du « vin vivant, surnageant parmi des océans de vins agroalimentaires industriels et déracinés, devient le symbole qu’une autre façon d’être au monde est possible, et même nécessaire. »

« Le vin de demain sera aussi multiple et divers que les mille vignes et les mille palais d’où il naîtra » note l’autrice. Ayant le parti-pris du beau, du bon et du durable, l’ouvrage n’est pas dogmatique dans ses postures, mais philosophique dans son ouverture. En témoignent ses multiples interrogations laissées en suspens, de l’identité des vins de volcan à la construction culturelle des accords mets et vins, en passant par l’enjeu de l’agroécologie pour devenir la viticulture du futur*. Avec Mille vignes, il s’agit d’apprendre de nouveaux pans de la culture du vin et de réapprendre ce que l’on sait en le remettant en cause. Car « le doute n’est bon qu’à celui qui sait » écrivait Alain, à propos de Kant, dans ses Abrégés pour les aveugles (1942, éditions Paul Hartmann).

 

 

* : « qui doit être plus qu’un verdissement de l’agriculture industrielle rendant des services écosystémiques, qui n’est en fait que la poursuite du dualisme nature/culture ».

 

 

 

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