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Pourquoi le premier caviste de France ne croit plus dans la consigne des bouteilles de vin
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Expérience négative
Pourquoi le premier caviste de France ne croit plus dans la consigne des bouteilles de vin

Séduisante en théorie, l’incitation au réemploi des flacons de verre n’est pas évidente à mettre à pratique analyse-t-on chez Nicolas, où les essais de 2019 se sont heurtés aux défis de logistique et sociologiques.
Par Alexandre Abellan Le 16 septembre 2022
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Pourquoi le premier caviste de France ne croit plus dans la consigne des bouteilles de vin
« Le consommateur n’est pas au rendez-vous » résume Christopher Hermelin. - crédit photo : Nicolas (archives 2018)
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ntre l’explosion des prix du verre et les tensions sur les disponibilités des bouteilles, la question de leur réemploi ne cesse d’animer la filière vin cette année 2022, où les initiatives associatives et développements de start-ups ne cessent de vouloir relancer la consigne (notamment avec le soutien du réseau Biocoop). Un réemploi qui rappelle des pratiques anciennes, avec les bouteilles étoilées disparues en France depuis des décennies. Mais la consigne était encore testée récemment par les cavistes Nicolas, dans 46 magasins de leur réseau parisien en octobre 2018 avec une cuvée en Côtes-du-Rhône villages Vaison-la-Romaine bio (vendue 6,75 €).

Un essai loin d’avoir été couronné de succès rapporte Christopher Hermelin, le directeur marketing de Nicolas (groupe Castel Frères), faisant état d’un très faible taux de retour : « une partie de la clientèle très engagée (celle que l’on retrouve à Biocoop), mais ce n’est pas le cas du gros des clients. Ils sont peu à se déplacer en ville avec une bouteille qui reste lourde (395 grammes) pour quelques centimes (20 cts de consigne) ». Pour Christopher Hermelin, la consigne des bouteilles de verre se heurte au besoin de réorganiser « une infrastructure qui n’existe plus depuis 40 ans. La filière du recyclage est organisée, mais il n’existe plus de chemin logistique pour la consigne en France (récupération, nettoyage, embouteillage…). Et ce avec un bilan carbone à démontrer (pour les divers transports). »

L’un cannibalise l’autre

Pour réimplanter la consigne, il faudrait une logistique à l’échelle nationale ajoute le directeur marketing, pour lequel « on ne peut pas avoir deux systèmes qui vivent ensemble : consigne et recyclage, l’un cannibalise l’autre. Surtout en zone urbaine quand l’un est plus simple que l’autre. » Dans l'immédiat, la consigne n'est plus un sujet pour le premier réseau de cavistes français (avec plus de 500 points de vente). C'est avoir tort que d'avoir raison trop tôt, écrivait Marguerite Yourcenar.

 

 

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