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Encore un effort pour que le vignoble gagne en assurance récolte
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Réforme 2023
Encore un effort pour que le vignoble gagne en assurance récolte

Le président de la République lève les blocages pesant sur les seuils d’application de la nouvelle d’assurance multirisque climatique en agriculture, se déclenchant à partir de 20 % de dégâts. Reste à réformer le calcul de la moyenne olympique, plombant l'attractivité du système.
Par Alexandre Abellan Le 12 septembre 2022
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Encore un effort pour que le vignoble gagne en assurance récolte
Qui sème l’assurance récolte l’attente d’ambitions fortes : le verre présidentiel pourra sembler à moitié rempli ou à moitié vide selon les vignerons. - crédit photo : Emmanuel Macron ce 9 septembre à Outarville (retransmission de l’Elysée sur Youtube)
«

 L’avantage d’être président c’est que vous engueulez tous ceux qui sont en dessous » lance Arnaud Gaillot, le président des Jeunes Agriculteurs, gérant ce vendredi 11 septembre les aléas du direct lors d’échanges avec Emmanuel Macron, le président de la République, venant pour la deuxième année consécutive à la fête agricole des Terres de Jim (à Outarville, dans la Beauce). L’avantage d’être président, c’est aussi de pouvoir effacer d’une déclaration tous les blocages maintenus en négociation par son exécutif. Alors que la finalisation des décrets fixant la nouvelle assurance récolte pour le premier janvier 2023 n’avançait plus lors des trois dernières réunions de filières, le président de la République annonce fixer de mêmes seuils à toutes les cultures : 20 % de dégâts le seuil de déclenchement des contrats d’assurance multirisques climatiques (une franchise qui bloquait jusque-là à 25 % pour la vigne) et à 70 % la subvention pour souscrire à ces contrats (dans le respect du règlement européen omnibus de 2017). En cas de coup dur, préconisé par les parlementaires dès 50 % de dégâts pour les vignes et grandes cultures. Le président ajoute que la solidarité nationale interviendra à 90 % des indemnisations, le reliquat étant réglé par les assureurs. Pour les non-assurés, les dégâts pris en charge en cas de coup de dur seraient limités à 50 % des indemnisations à 90 % pour l'année 2023.

Indiquant « tenir ce que j’ai compris être ce sacrosaint 20, 70, 90 », Emmanuel Macron annonce qu’en baissant de 25 à 20 % la franchise la nouvelle assurance doit « créer un appel d’air et une vraie attractivité ». Précisant « assurer le suivi de ce que j’ai dit » (l’annonce d’une réforme de l’assurance climatique lors des Terres de Jim 2021) Emmanuel Macron confirme doubler sa contribution au système assurantiel agricole, le président annonce « une clause de rendez-vous, si on dépasse 680 millions €. L’Etat ne peut pas être un payeur aveugle, il faudra remettre toutes les parties prenantes autour de la table. Il ne peut pas y avoir de confiance sans système responsabilité. Et c’est une grande confiance que je donne là. Y compris pour filières qui contribuaient un peu plus que les autres, viticulture et grandes cultures, c’est un geste de solidarité et d’unité inédit dans la vie de la nation. Je l’assume pour que toutes les filières restent unies, y compris face à l’adversité. »

Choc assurantiel

Renforçant l'attractivité de la nouvelle assurance récolte, cet arbitrage « est de nature à provoquer le "choc assurantiel" pour que les agriculteurs aujourd’hui non-couverts saisissent l’opportunité de s’assurer et que les actuels assurés ne se détournent pas de l’assurance » salue dans un communiqué la Fédération Nationale des Syndicats d’Exploitants Agricoles (FNSEA). Cette « avancée très attendue [doit appeler] un travail qui va suivre, notamment sur la moyenne olympique a faire évoluer » prévient sur Twitter le viticulteur languedocien Jérôme Despey, secrétaire général de la FNSEA et président du conseil spécialisé vin de FranceAgriMer. Avec des rendements de référence mécaniquement mauvais avec les successions d’aléas climatiques (gel, grêle, mildiou sécheresse…), de nombreux vignerons se demandent à quoi bon assurer un volume tellement réduit qu’il sera forcément produit. « Cette réforme structurelle ne sera complète qu’après la refonte de la règle de la moyenne olympique quinquennale servant de base à l’historique de rendement. Il faut ouvrir ce chantier sans attendre ! » pointe le communiqué de la FNSEA.

« Des sujets doivent encore être précisés pour assurer la réussite du nouveau système » indique à Vitisphere Jérôme Despey, avec l'indication du seuil d'accès à la solidarité nationale (prévue à 50 % pour la viticulture et les grandes cultures), le taux de dégressivité de la solidarité nationale pour les non-assurés (envisagé à 50 % la première année, mais pas encore arrêtée pour la suite), l'accès des pépiniéristes à cet outil... Soulagé par les dernières annonces, le viticulteur languedocien espère de nouvelles précisions achevant d'optimiser la nouvelle assurance récolte.

 

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Tous les commentaires (1)
Ben Le 12 septembre 2022 à 21:24:03
Blablabla...
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