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Rajeunir et diversifier ses adhérents, la priorité d'avenir des caves coopératives
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Feuille de route
Rajeunir et diversifier ses adhérents, la priorité d'avenir des caves coopératives

Les Vignerons Coopérateurs de France viennent d’arrêter une feuille de route avec sept priorités pour les années à venir, au premier rang desquelles figure le renouvellement des générations.
Par Bertrand Collard Le 14 avril 2022
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Rajeunir et diversifier ses adhérents, la priorité d'avenir des caves coopératives
Joël Boueilh et Anne Haller ce 13 avril à Paris. - crédit photo : Bertrand Collard
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eaucoup d’idées, peu de moyens. Il en va ainsi chez les Vignerons coopérateurs. Le 13 avril, la branche viticole de Coop de France a présenté sa feuille de route forte de sept enjeux pour les cinq ans à venir. Au premier rang de ces priorités figure le renouvellement des générations, tant de coopérateurs que d’administrateurs de coops. Pour cela, « il faut redonner aux coopérateurs la fierté d’appartenir à leur cave coopérative », martèle Joël Boueilh, vigneron à Saint-Mont et président des vignerons coopérateurs de France.

Deuxième priorité : répondre aux attentes sociétales. Pour Joël Boueilh, c’est déjà le cas. Mais il s’agit, pour les coopérateurs, de le faire savoir autour d’eux. « Les coopératives ont une importance capitale dans le maintien de la vitalité des terroirs, observe-t-il. Et elles sont très engagées dans les démarches environnementales principalement HVE et bio. Il faut expliquer cela aux néo-ruraux. »

Vient ensuite la gouvernance. « Il faut intégrer des jeunes et féminiser les conseils d’administration, indique le président. La féminisation des instances est positive pour les instances ».

Quatrième priorité : développer l’oenotourisme car « c’est un moyen de monter en notoriété. Lorsqu’on réussit à emmener les touristes dans nos murs, ils repartent avec une autre image de nos coops ».

Pour finir, les coopératives doivent répondre à la pression environnementale, prendre en compte le risque climatique et relever les défis économiques. En traçant cette feuille de route, Joël Boueilh et son équipe veulent « donner des perspectives à tous ceux qui nous ont mis à ces poste » [de responsabilité]. »

Installation

Comment mette en œuvre un tel programme ? D’abord en comptant sur les propres forces des coopératives et en partageant leurs expériences et initiatives. Pour assurer le renouvellement des générations Joël Boueilh rappelle qu’il existe des outils de portage du foncier et que « des coopératives mettent en place un catalogue extraordinaire, mais mal connu d’aides à l’installation des jeunes. » Reste à le faire savoir. Dans le même objectif de renouvellement, « nous relançons l’activité des jeunes vignerons coopérateurs. Nous prospectons toutes les régions pour trouver des jeunes prêts à s’engager », explique-t-il.

Autre exemple de solution méconnue : l’assurance carence d’apport faite pour atténuer le risque climatique. « Moins de 10 % des coopératives en ont souscrit. Notre rôle c’est de faire savoir sur le terrain que cela existe et d’essayer de sensibiliser les assureurs pour imaginer de nouveaux produits. »

Et pour aider les coops à relever les défis économiques Joël Boueilh est prêt à prendre son bâton de pèlerin pour « faire passer le message qu’il faut aller au plus près des consommateurs » à l’image de l’orientation prise par Plaimont, la coopérative gersoise qu’il a présidée pendant de nombreuses années. Aide toi et le ciel t’aidera

 

Les coops attirent du monde

« En deux ans, avec la crise du Covid, la part des vignerons en coopérative est passé de 52 à 58 %, assure Anne Haller, directrice des Vignerons coopérateurs. Des vignerons se rapprochent des coops. C’est un mouvement qui existe un peu partout. » Pour Joël Boueilh, ce n’est qu’une demie surprise. « On entend beaucoup parler de gens qui rêvent de faire leur vin, mais pas de gens qui rêvent de le vendre. Or, je suis dans une coopérative où j’entends tous les jours dire que c’est dur de vendre. Quand les temps sont plus difficiles, la réalité qui nous rattrape, c’est celle-là. » Revenant sur les chiffres issus du CVI, Anne Haller précise que la superficie moyenne d’une exploitation en coopérative est de 7 ha quand celle d’un indépendant est de 13 ha. « La coopération absorbe une petite agriculture pluriactive », complète Anne Haller. Un autre de ses rôles sociaux.

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