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Pulvérisation
Les conseils de deux viticulteurs pour éviter le colmatage des buses avec les poudres

Utilisant tous les deux beaucoup de poudres, mais avec deux pulvés complètement différents, Xavier Collard à Bordeaux et Pascal Bergé dans l’Aude détaillent les précautions qu’ils prennent pour minimiser les risques de bouchage.
Par Vincent Gobert Le 07 mars 2022
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 Les conseils de deux viticulteurs pour éviter le colmatage des buses avec les poudres
Pulvérisateur Berthoud Win'Air de Xavier Collard dont les deux sorties basses sont équipées de buses antidérive - crédit photo : Xavier Collard
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u pneumatique au jet porté avec buses antidérive, il n’y a parfois qu’un pas. Xavier Collard, qui exploite 32 hectares de vignes à Saint-Genès-de-Blaye, au nord de Blaye (33), l’a franchi avec succès il y a deux ans. « Je suis passé d’un Berthoud Win’Air à un Air Drive pour réduire la dérive. Les buses que j’utilise le plus sont les nouvelles Albuz TVI LP basse pression de couleur rose. À partir de la mi-juin, pour le haut des rangs, je mets des IDK 90 vert olive à injection d’air également. Et toute la saison, j’ai une buse classique à turbulence en bas des six descentes pour une meilleure pénétration dans la zone des grappes. Côté pression, je reste entre 4,8 et 5 bars. »

Recours à un incorporateur

Xavier Collard emploie beaucoup de cuivre et de soufre. Il prépare ses bouillies dans l’incorporateur du Win’Air. « J’active rapidement la circulation continue de la bouillie pour limiter le risque de dépôts. Le pulvérisateur a trois niveaux de filtration : à l’aspiration, sur le circuit et un avant chacune des 24 buses. » Xavier Collard démonte et nettoie tous les buses et filtres après chaque traitement, puis les laisse tremper dans un produit d’entretien pour la nuit. Il remonte l'ensemble le lendemain matin. « Au bout de trois traitements, je nettoie tout l’extérieur de l’appareil. Juste avant l’hiver, je le passe au Clean Protect. »

À ce compte-là, « même avec des poudres, je n’ai presque pas de colmatage », assure-t-il. Mais des incidents peuvent se produire après des rognages. « Des particules de feuilles restées dans les rangs se décollent au passage du pulvé et viennent boucher le venturi des IDK. » Autre petit accroc, des dépôts de soufre « au niveau du circuit de départ, très compliqué à nettoyer ».

La faute aux bas volumes

À Puichéric, dans l’Aude, Pascal Bergé a connu des bouchages sans utiliser de buses antidérive. La faute aux bas volumes. « C’était avec un Calvet pneumatique, un T200 de 1 000 litres, décrit ce viticulteur installé sur 60 ha. J’utilise beaucoup de soufre et de bouillie bordelaise. J’étais parti sur 100 l/ha pour l’autonomie. J’ai rapidement eu des colmatages. Je suis alors passé à 150 et 200 l/ha, selon la saison. J’ai eu moins de problèmes. »

L’an dernier, profitant d’aides, Pascal Bergé s’offre un pulvérisateur à panneaux récupérateurs. « Cela faisait longtemps que je voulais économiser du produit et réduire la dérive. Car je suis entouré des rigoles d’un ancien étang. J’ai choisi le Friuli Drift Recovery. J’obtiens de bons résultats avec les buses ATI à fente, de couleur orange. Je n’ai pas eu de bouchages et la qualité de pulvérisation est très bonne. J’ai pu le vérifier avec des papiers hydrosensibles : soufre, bouillie bordelaise ou engrais ont bien pénétré sous les feuilles et dans la zone fructifère. »

Au niveau des réglages, Pascal Bergé vise à appliquer 200 l/ha et travaille à 7-8 bars. Afin d’éviter tout dépôt ou colmatage, il s’entoure de précautions. « À l’aide d’une canne, je chauffe l’eau à 27 °C dans la cuve de préparation de la bouillie. Les poudres se dissolvent mieux. Je n’ai jamais de dépôt dans le circuit du pulvé bien qu’il n’y ait pas de circulation continue, seulement un retour en cuve. »

Nettoyage fastidieux

Pascal Bergé compte aussi sur les quatre étapes de filtration de son pulvé. « Il y a d’abord le filtre sur le trou de remplissage, décrit-il. Il est doublé et retient déjà très bien les flocules. Puis il y a un filtre d’aspiration à la pompe, un autre après et un dernier avant la répartition dans chaque panneau. »

Mais, forcément, tout n’est pas parfait. Le nettoyage est fastidieux. « Après chaque traitement, il faut deux à trois heures de lavage extérieur et intérieur ! Le plus long, c’est de nettoyer les panneaux. Tous les filtres doivent bien sûr être démontés. Il faut dévisser les buses et bien nettoyer les porte-jets car du soufre s’y empâte. Sinon, il y a un risque de colmatage au traitement suivant. Démonter et nettoyer tous les filtres et les buses, ça prend 45 minutes. Sans compter le nettoyage des résidus de fond de cuve. C’est clair que ce n’est pas un appareil classique ! Il y a davantage d’entretien. Mais c’est à ce prix qu’on maintient l’appareil. »

 

Des conseils très utiles

L’inconvénient majeur des buses antidérive est leur sensibilité au bouchage. Pour contourner cet obstacle, l’IFV fait trois recommandations : préparer la bouillie dans un mélangeur, avoir une très bonne filtration et nettoyer le pulvérisateur, ses filtres et ses buses après chaque traitement. La filtration est cruciale. Dans l’idéal, d’amont en aval, il faut un tamis à l’aspiration, un filtre avant la pompe, un après, un au niveau de chaque tronçon, et enfin un filtre cartouche ou coupole avant chaque buse. Pour augmenter la surface de filtration, il faut poser des bols de grand volume avec chaque filtre. S’agissant des mailles, les couleurs fréquemment utilisées sont le bleu, le jaune et le vert, pour des mesh respectifs de 50, 80 et 100.

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