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Philippe Bidalon
"Le secteur de la presse du vin est mal en point"

Présidant la nouvelle association des journalistes de la filière vitivinicole (Mots du Vin et des Spiritueux, Movis), le chroniqueur dresse un état des lieux sans concession.
Par Alexandre Abellan Le 27 janvier 2022
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Titulaires ou non d’une carte de presse, les candidats à l’adhésion doit être validés par le bureau de l’association. Qui exclura les influenceurs, « dont le nom même est en contradiction avec les principes du journalisme » estime Philippe Bidalon. - crédit photo : DR
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ondée ce 24 juin 2021, l’association des Mots du Vin et des Spiritueux (Movis) fixe dans ses statuts* l’objectif de « rassembler toutes les personnes qui, sous des formes diverses, participent régulièrement à l’expression et à la diffusion de la pensée et de l’information dans le domaine de la vigne, du vin et des spiritueux ». Depuis la dissolution en 2014 de l’Association de la Presse du Vin (APV), « le secteur manquait d’un lieu où pouvaient se retrouver les journalistes, écrivains et chroniqueurs passionnés de vins et spiritueux » indique Philippe Bidalon, à la tête de l’agence de presse À Fond le terroir (contribuant notamment aux suppléments de l’Express, dont il a été rédacteur en chef pendant 22 ans).

Précédemment vice-président de l’APV*, le président de Movis indique qu’un consensus a poussé à « repartir de zéro et remonter quelque chose ». Se voulant un lieu de convivialité et de transmission, la nouvelle association permet de « mesurer à quel point le secteur de la presse du vin est mal en point : économiquement c’est compliqué pour les éditeurs, et ça l’est encore plus pour les journalistes et pigistes » note Philippe Bidalon, qui souligne que dans les années 2000, « il n’y avait pas un titre national qui n’avait pas un supplément dédié aux vins (le Figaro, le Point, l’Express, le Nouvel Observateur, Gala, Pèlerin Magazine…). Avec la crise économique, et celle sanitaire qui s’est ajoutée dessus, les éditeurs ont vu leur marge financière se réduire sur leurs suppléments vin, réduisant la marge de liberté rédactionnelle. »

Il ne sert à rien de pleurer

« Le monde change, il ne sert à rien de pleurer sur les merveilles du passé » évacue Philippe Bidalon, qui annonce qu’au sein de Movis « nous aiderons du mieux que nous le pourrons ceux qui affronteront des demandes trop dures ». L’association travaille ainsi sur un volet déontologique, avec une commission animée par les journalistes Fabien Humbert et Pierre Guigui.

Réunissant 60 membres à jour de leurs cotisations annuelles (s’élevant à 25 euros), l’association en vise plus de 100 pour cette fin d’année. Movis sera visible lors du prochain salon Wine Paris & Vinexpo Paris, avec l’animation d’une table ronde le 16 février portant sur l’impact des traditions pour l’avenir du vin. « Nous souhaitons apporter notre contribution à ce que sera le mondo vino de demain » conclut Philippe Bidalon.

 

* : Ainsi que « promouvoir les spécificités de la civilisation du vin et de la culture française qui s’y rattache dans le cadre d’une consommation raisonnée, soucieuse de la santé publique » et « rassembler toutes les personnes qui, sous des formes diverses, participent régulièrement à l’expression et à la diffusion de la pensée et de l’information dans le domaine de la vigne, du vin et des spiritueux. Nouer et favoriser des contacts entre ses membres ainsi qu’entre toutes personnes extérieures à l’association pouvant, par leurs fonctions, concourir aux buts de l’association, notamment les professionnels qui appartiennent à ce secteur d’activité (vignerons, œnologues, négociants, responsables d’organismes spécialisés…). Développer la confraternité entre les différents acteurs de l’information sur les vins et spiritueux. Favoriser la transmission des expériences acquises par les membres de l’association vers les jeunes journalistes. »

 

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Tous les commentaires (1)
PassionViti Le 27 janvier 2022 à 09:32:29
COLLABORATIF ... C'est dans l'ère du temps ... Pourquoi ne pas tout simplement donner l'opportunité aux professionnels, vignerons, techniciens, etc, de prendre la plume assistés par les pigistes, les journalistes spécialisés afin de faire connaitre, de transmettre, d'informer, partager la passion qui les anime ?! Pourquoi ne pas commencer par les filières d'enseignement viticole et pas celle qui ont déjà toute leur notoriété mais plutôt celles qui ont du mal à se faire connaitre mais qui ont leur importance, il y a des écoles en France de viticulture et d??nologie laissées dans le noir, alors que le travail réalisé y est de qualité ! Prendre soin de la filière commence par la formation des personnes qui compose la filière ! Pourquoi ne pas donner la parole aux viticulteurs qui sont à deux doigts de tout arrêter à cause des crises, de la géométrie plus que variable du climat, ceux qui se sentent muselés et qui pourtant ont des idées pour se relever mais pour qui l'INAO, les grandes instances qui ne se renouvellent pas, ne se remettent pas en question n'ont aucun geste ?! Et si vous parliez des vignerons et que vous arrêtiez de faire croire qu'il n'y a que les grands noms de châteaux, les grands crus classés qui font la viticulture ! Vous verriez qu'il y a des milliers de pépites en France et que la filière viticole est bien plus forte qu'on ne le pense !
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