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De l'inégalité de la réfaction

Par Marion Ivaldi Le 14 janvier 2022
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De l'inégalité de la réfaction
C

’est le sujet de grogne du moment : les vignerons non-assurés se verront appliquer un taux de réfaction à l’aide aux calamités agricoles. La raison ? Les attaques de mildiou subies après le coup de gel sont exclues des calamités agricoles par le droit européen pour ceux qui ne souscrivent pas à une assurance récolte. Mais, ce qui apparait très étonnant, c’est que ce taux ne sera pas le même d’un département à l’autre. Cette volonté politique de coller à la réalité du terrain (l’intensité plus ou moins forte de l’attaque sanitaire selon les régions) semble complètement ubuesque car, on le sait, les attaques de mildiou sont par nature hétérogènes. D’une exploitation à l’autre le taux ne sera pas le même. Une exploitation peut ne pas avoir été touchée quand sa voisine aura dû lutter bec et ongle. Donc le taux de réfaction ne fait que déplacer l’échelle de l’iniquité de la réfaction de l’aide, d’un niveau national à un niveau départemental. Est-ce mieux ? En créant un sentiment d’injustice plus fort sur le terrain - les vignerons connaissent bien mieux le niveau d’attaques sanitaires de leur voisin que celles des vignobles de France et de Navarre -, la mesure semble vouloir créer une polémique réellement inutile. Mieux, certains départements ont accepté de négocier le taux de réfaction avec les représentants viticoles quand d’autres l’imposent purement et simplement. De quoi mobiliser des énergies pendant que la Ministre de l’écologie glisse tranquillement vouloir lancer des sites internet d’information des riverains de zone agricoles des pulvérisations de pesticides. Un autre sujet qui fait bondir la filière !

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