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Aides à la trésorerie
"Difficile" de rallonger le PGE vigneron prévient Jean Castex

Ne fermant pas la porte à d'autres outils de soutien sectoriel, le premier ministre indique que l'accroissement des durées d'amortissement des Prêts Garantis par l'État n'est pas gagné.
Par Alexandre Abellan Le 29 octobre 2021
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« Je viens vous entendre, pas pour vous rassurer, pour vous expliquer ce que l’on veut faire et où l’on en est » déclare Jean Castex (à droite) ce 29 octobre dans le vignoble du château Ponzac (avec son propriétaire, Mattieu Molinié, à gauche) . - crédit photo : Alexandre Abellan (Vitisphere)
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« Si je suis très honnête avec vous, je ne suis surpris de rien de ce que vous m’avez dit » pose le premier ministre Jean Castex, en déplacement dans le vignoble de Cahors ce 29 octobre. Accueilli au château de Ponzac (commune de Carnac-Rouffiac), le chef du gouvernement a pu recueillir une liste conséquente de doléances viticoles découlant d’une récolte 2021 historiquement basse. Parmi les demandes portées par les représentants du vignoble cadurcien, celle de soutien à des trésoreries vigneronnes déjà exsangues après la crise covid et les taxes Airbus/Trump, et désormais amputées de potentiel commercialisable faute de petits rendements.

Pour répondre à ces enjeux, les opérateurs de Cahors portent les demandes, récurrentes (très récurrentes), d'augmentation de la durée des amortissements des Prêts Garantis par l’État (PGE) et de discussions présidées par l’État entre filière viticole et banquiers pour aboutir à une année 2022 blanche d’encours bancaire (avec un report des frais intercalaires en fin de plan). Face à ces demandes, Jean Castex indique ne pas chercher à faire d’annonces rassurantes, mais à expliquer les actions prévues par l’exécutif. À cause des enjeux de conformité avec le régime européen des aides d’État, en matière de PGE, « c’est difficile. Tous les pays [européens] ont mis en place des systèmes de prêts garantis, la France est l’un de ceux qui y a eu recours le plus massivement, sur les durées déjà les plus longues. Je ne peux pas annoncer ici, car ce serait irresponsable, qu’il va y avoir un allongement de la durée d’amortissement de ces prêts » déclare Jean Castex.

Aides de trésorerie

Proposant des pistes, le premier ministre ajoute cependant que « Bercy est déjà à la manœuvre avec le secteur bancaire pour arriver à passer d’un outil général, qu’était le PGE, à des réponses plus individualisées. C’est là-dessus que l’on travaille. Sachant que l’on peut avoir par ailleurs des aides de trésorerie sectorielles, ne relevant pas de cette mécanique, mais qui seront peut-être plus faciles à obtenir. »

Assurance récolte

Se montrant à l’écoute de toutes les problématiques viticoles (de l’abrogation des chartes riverains ZNT à la mise en place de retenues collectives pour l’irrigation), Jean Castex martèle qu’« il faut à tout prix que l’on arrive à gérer la période que vous traversez par des soutiens conjoncturels massifs, et en nous engageant vers des évolutions structurelles ». Face aux témoignages des vignerons présents*, le chef du gouvernement indique que les aléas climatiques restent exceptionnels par leur ampleur, mais plus par leur récurrence. « Point central » par rapport à ces enjeux : la réforme de l’assurance récolte.

Confirmant que le gouvernement veut promulguer une loi dédiée avant la fin du quinquennat, Jean Castex ne promet pas un outil parfait, mais une première étape pour moderniser la protection assurantielle : « cela fait vingt ans que j’entends parler du besoin de réforme de l’assurance récolte, nous allons le faire » répète le premier ministre. Qui assume les millions d’euros que l’appel à la solidarité nationale représentera pour la collectivité : « les dépenses seront encore plus fortes si vous [vignerons] n’êtes plus là. Il n’y a pas besoin de discuter du rapport entre les aides publiques et la plus-value économique. »

Désincitation à s'assurer

Si la filière vin appelle de ses vœux un nouveau contrat MultiRisque Climatique (MRC), cette réforme ne sera pas en vigueur avant 2023, alors que les assurances 2022 s’annoncent plus chères (à cause de la succession de pertes de récolte) et moins protectrices (du fait de la moyenne olympique, réduite pas les aléas climatiques). « L’objectif est que tout le monde puisse s’assurer, avec une différence entre assurés et non-assurés (sinon ce n’est pas du jeu comme diraient mes filles). Mais quand vous avez des phénomènes comme aujourd’hui, vous avez une désincitation à s’assurer et une désincitation à assurer de l’assureur » reconnaît Jean Castex, qui appelle la filière à se rapprocher de son ministre de l’Agriculture, Julien Denormandie, pour résoudre ces questions plus précises.

 

 

* : Le château Ponzac témoigne de gelées blanches en 2017 et 2019, et de gelées noires en 2021 (respectivement -90, -60 et -50 % de récolte).

 

 

« Je pense que l’on a une période de transition, avec des enjeux de trésorerie, à passer avec l’accompagnement de l’état, après il faut que vous puissiez voler de vos propres ailes » indique Jean Castex aux représentants du vignobles, glissant qu’« avec vous, nous aidons des gens qui travaille ».

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