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Sud-Ouest

Les vignerons de Buzet rachètent le négoce Rigal et s’appuient sur AdVini à l’export

Vendredi 04 juin 2021 par Alexandre Abellan

Les signataires de l'accord, de gauche à droite : Eric Pozzoli, le président du directoire des Vignerons de Buzet, Pierre Philippe, le directeur général des Vignerons de Buzet, Antoine Leccia, le président du directoire d’AdVini et Vincent Leyre, le président du conseil de surveillance des Vignerons de Buzet.
Les signataires de l'accord, de gauche à droite : Eric Pozzoli, le président du directoire des Vignerons de Buzet, Pierre Philippe, le directeur général des Vignerons de Buzet, Antoine Leccia, le président du directoire d’AdVini et Vincent Leyre, le président du conseil de surveillance des Vignerons de Buzet. - crédit photo : Les Vignerons de Buzet
Le négociant de Cahors est cédé par le groupe languedocien à la cave coopérative du Lot-et-Garonne, qui y voit l’opportunité de booster son développement commercial.

Si les fusions entre coopératives sont légion, il est bien rare qu’une cave vinicole appuie son développement sur le rachat d’un négoce. Qui plus est hors de son périmètre historique. C’est le pari de la cave coopérative des Vignerons de Buzet (10 millions de cols/an avec 160 viticulteurs adhérents et 2 000 hectares de vignes dans le Lot-et-Garonne) qui prend le contrôle du négociant Rigal (3 millions de cols, s’appuyant sur 250 hectares de vignes en partenariat à Cahors*, dans le Lot) au groupe languedocien Advini (qui le gérait depuis 2003, étant la première croissance externe de Jeanjean).

À la cave de Buzet, l’idée d’un développement par acquisition taraudait son directeur général, Pierre Philippe : « le principal point faible [de Buzet] était le manque de déploiement à l’international (l’export représentant moins de 20 % des ventes) ». Proposant une monoappellation sur laquelle la coopérative est en situation quasiment monopolistique (avec 95 % de l’appellation Buzet), la coopérative envisageait une croissance externe pour disposer d’une gamme plus attractive à l’export. En début d’année, ce désir a rencontré l’âme sœur par le biais du Crédit Agricole, qui avait le mandat de cession de Rigal. Dont les ventes à l’étranger pèsent pour 50 % de l’activité et où le cépage identitaire qu’est le malbec permet d’entrer sur des marchés porteurs.

"Associé au contrat de cession, il y a un contrat commercial"

Lors de sa première rencontre de négociation avec Antoine Leccia, le président du directeoir d’AdVini, Pierre Philippe se souvient qu’il lui a été indiqué que « Rigal fonctionnait bien et était rentable pour le groupe » et que le négoce cadurcien « ne serait cédé que s’il y avait un projet ambitieux derrière ». Dont acte, la cession s’accompagne d’un partenariat, pour mener à bien le projet d’un pôle commercial de vins du Sud-Ouest centrés sur les AOP. « Associé au contrat de cession de 100 % des parts de Rigal, il y a un contrat commercial. AdVini sera notre bras armé à l’international » résume Pierre Philippe.

Objectif 40 millions €

Restant indépendantes (dans leurs localisations et équipes), les marques Buzet et Rigal seront portés sur les marchés étrangers par les bureaux export d’AdVini. Le chiffre consolidé de l’ensemble s’élève à 35 millions d’euros. Pierre Philippe annonce l’objectif de le monter « rapidement » à 40 millions €, mais indique que le montant de la transaction restera confidentiel.

Passant à une phase opérationnelle, le rapprochement entre Buzet et Rigal va avoir pour véhicule une nouvelle filiale commerciale, VdB Distribution (pour Vignerons de Buzet). A noter que des synergies se feront sur les mises en bouteille, le conditionnement de Rigal étant rapatrié sur l’outil industriel de Buzet (Rigal étant embouteillé jusqu’ici à Bordeaux, dans le négoce Antoine Moueix appartenant à Advini), permettant de maintenir l’activité sur la bouteille de Buzet (alors que BIB se développe, quasiment un tiers des volumes de la cave).

« Quelque part, on est en train de parler de la filière vin. Ce n’est pas la coop contre les caves particulières, ou les caves contre le négoce. Le statut ne fait pas l’esprit des choses » conclut Pierre Philippe.

 

* : Le négoce Rigal réunit 250 hectares de vignes grâce à des accords avec les châteaux de Saint-Didier-Parnac (depuis 1957), Bovila et de Rouffiac (partenariat avec la famille Pieron depuis 2011), et Chambert (partenariat depuis 2015).

 

 

 

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