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Où en est le projet de délimitation des vins AOC Bourgogne ?
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Frontière avec le Beaujolais
Où en est le projet de délimitation des vins AOC Bourgogne ?

À l’arrêt depuis les manifestations de février 2020, le projet de révision de l’aire géographique de l’AOP Bourgogne pourrait être relancé en fin d’année. Mais la question de la frontière avec le Beaujolais est loin d’être réglée.
Par Clément l'Hôte Le 05 mai 2021
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Où en est le projet de délimitation des vins AOC Bourgogne ?
- crédit photo : Syndicat des Bourgognes
«

 Je n’ai jamais eu à gérer une situation aussi compliquée » reconnaît Christian Paly. Avec ses fonctions de président du comité vins de l’Institut National de l'Origine et de la Qualité (Inao), le vigneron se retrouve en première ligne sur le dossier de la délimitation de l’AOC Bourgogne. Un dossier ouvert depuis 1937 [lire encadré], et ayant connu un nouveau rebondissement en février 2020, avec la manifestation de 400 viticulteurs bourguignons devant le siège de l’INAO, à la suite d’une proposition d’experts mal accueillie.

Depuis, l’Inao et le Syndicat des Bourgognes (ODG) se sont rencontrés lors d’une réunion en octobre, à Beaune. « Nous avons rappelé ce qui a été dit le jour de la manifestation » rapporte Christian Paly, « à savoir qu’il n’était pas question de sortir Chablis de l’AOP Bourgogne ». L’institut annonce d’ailleurs « la présentation à l’ODG, vraisemblablement lors du dernier trimestre 2021, d’un nouveau travail de la commission d’enquête et des experts, qui n’exclura ni le Chablisien ni le Châtillonnais, et qui sera en réduction, dans le respect des usages, de l’aire du Beaujolais, de 85 à 48 communes. »

Statu quo

Une annonce qui ne convainc pas le Syndicat des Bourgognes. Son directeur, Guillaume Willette, déplore un « statu quo sur la problématique du Beaujolais » avec ce maintien de 48 communes. L’ODG demande à ce sujet « de déterminer qui est légitime pour produire ou non du Bourgogne», en appliquant strictement « les critères d’usages locaux, loyaux et constants prévus par les textes ».

Un critère « qui a toujours été appliqué par l’Inao dans ce dossier » rétorque Christian Paly, insistant sur l’« obligation de respect des procédures par l’Inao ». Et de préciser : « nous ne pouvons pas faire de délimitation correspondant aux aspirations des uns ou des autres. C’est la difficulté sur ce dossier bourguignon : il y a des interférences de divers intérêts. On a dans la partie Beaujolais des personnes qui veulent faire de l’AOP Bourgogne, pour des raisons économiques notamment, et un ODG Bourgogne qui voudrait, malgré les experts, l’atterrissage géographique qu’il espère, excluant dans sa totalité le département du Rhône. »

Grande Bourgogne

Sur ce point, Guillaume Willette estime que l’Institut « se protège juridiquement parlant, quitte à ne plus défendre l’appellation », et craint « une remise en cause de la notion d’AOP par des consommateurs attachés à deux identités fortes que sont le Beaujolais et la Bourgogne ». Pour le directeur de l’ODG, « dans ce dossier, l’ensemble de l’image de la Bourgogne est concerné, quelle que soit l’appellation ».

 

En Dates

1937 : Un décret crée une appellation Bourgogne aux contours inachevés.

2008 : L’ODG dépose une première demande de révision de l’aire géographique auprès de l’Inao.

2011 : Nouvelle délimitation de l’AOP Bourgogne, réduisant notamment l’aire du Beaujolais.

2014 : Annulation de la délimitation de 2011 pour vice de forme.

2015 : Seconde demande de révison de la part de l’ODG.

2020 : Manifestation de viticulteurs bourguignons en réaction à une proposition d’experts de l’Inao.

 

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