LE FIL

Cahier des charges

Les vins AOC vont pouvoir s’imposer des certifications environnementales

Mercredi 17 février 2021 par Alexandre Abellan
Article mis à jour le 01/03/2021 11:24:42

« Au dernier comité national, nous avons arrêté une stratégie globale sur l’articulation des mesures agroenvironnementales dans nos cahiers des charges » indique Christian Paly.
« Au dernier comité national, nous avons arrêté une stratégie globale sur l’articulation des mesures agroenvironnementales dans nos cahiers des charges » indique Christian Paly. - crédit photo : Conseil des vins de Saint-Émilion
Finies les tergiversations, l’INAO vient d’arrêter sa position et va pouvoir lancer l'instruction des demandes de syndicats viticoles souhaitant intégrer les certifications bio, HVE, etc. en prérequis à l'obention de leur appellation.

Fini le pied de grue. Après quatre années de valse-hésitation, l’Institut National de l’Origine et de la Qualité (INAO) sait par quel bout prendre les demandes du Conseil des Vins de Saint-Émilion, pour s’imposer d’ici le premier janvier 2023 l’obligation de certification environnementale (bio, biodynamie, Haute Valeur Environnementale, Terra Vitis…), et des Côtes de Bourg, pour une certification obligatoire en 2025 en Haute Valeur Environnementale (HVE). En milieu de semaine dernière, « le comité national et la commission permanente ont pris une orientation. Il est désormais possibilité de répondre favorablement à l’instruction des demandes » annonce Christian Paly, le président du Comité national des Appellations d'Origine relatives aux vins de l’INAO.

Débattues, les modalités d’intégration de l’obligation de certification dans les cahiers des charges se résument à l’inscription d’une obligation pour les opérateurs revendiquant l’appellation d’être certifiés selon une norme reconnue au moins équivalente au deuxième niveau de la HVE. « Le cahier des charges de la norme ne rentre pas dans nos cahiers des charges AOC. L’obligation de répondre à la norme est autosuffisante. Si par exemple la HVE évolue, il n’y a pas besoin de rouvrir le cahier des charges AOC » explique Christian Paly.

Pas de délai transitoire

Attendue, cette avancée « est une bonne nouvelle ! » s’exclame Franck Binard, le directeur du Conseil des Vins de Saint-Émilion (appellations Saint-Émilion, Saint-Émilion grand cru, Lussac Saint-Émilion et Puisseguin Saint-Émilion). Qui ajoute qu’il n’y a pas de phase transitoire pour donner le temps de la conversion : « la doctrine qui se dégage de l’INAO est de dire qu’à la publication du cahier des charges, tout le monde doit être certifié. Il faut que toute l’AOC réponde à l’obligation immédiatement. »

Face à cette absence de délai transitoire, Christian Paly indique qu’il revient « aux ODG (Organismes de Défense et de Gestion) de bien réfléchir éventuellement à passer d’abord par de la certification en marge de leur cahier des charges ». L’INAO propose en effet un « accompagnement du cahier des charges par des mesures de certification qui se trouvent en dehors, pour plus de souplesse. Il n’y a pas de perte de SIQO (Signe d’Identification de Qualité et d’Origine) pour les opérateurs non certifiés, mais le désavantage est que ce n’est pas opposable à un tiers » explique le président du comité national des vins AOP.

"Tout le monde sera certifié"

« On ne dévie pas de l’objectif voté à une large majorité. Le pari que l’on fait, c’est de maintenir que tout le monde sera certifié le premier janvier 2023 » indique Franck Binard. Récoltant actuellement les données statistiques sur le taux de certification environnementale de ses ressortissants, le Conseil des Vins de Saint-Émilion compte identifier ceux ne s’étant pas encore lancés dans leur conversion afin de les accompagner. Ayant recruté une responsable environnementale l’an passé, l’ODG a déjà organisé plus de 70 réunions sur le sujet indique Franck Binard : « il faut que tout le monde soit dans la boucle ».

 

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