LE FIL

Bond d’expéditions

Nouvel an et nouveau départ chinois pour les vins de Bordeaux

Vendredi 12 février 2021 par Alexandre Abellan

Ayant travaillé sur leurs stocks en 2020, les opérateurs chinois ont passé des commandes importantes en fin d’année pour préparer le nouvel an lunaire 2021.
Ayant travaillé sur leurs stocks en 2020, les opérateurs chinois ont passé des commandes importantes en fin d’année pour préparer le nouvel an lunaire 2021. - crédit photo : @Prysme
Fin 2020, les expéditions de grands crus bordelais ont bondi vers la Chine afin de reformer les stocks, après une année de quasi-arrêt des achats, et anticiper les festivités de la nouvelle année, ce 12 février.

« 恭喜发财 (bonne et prospère nouvelle année) » envoient par WeChat les importateurs chinois à leurs négociants bordelais ce 12 février. Un vœu déjà en passe d’être réalisé, les ventes du nouvel an chinois ayant généré une nette reprise des expéditions girondines. En décembre 2020, les appellations bordelaises ont vu leurs expéditions de vins doubler en volume vers la Chine continentale. Avec 42 499 hectolitres de vins pour 28,8 millions d’euros de chiffre d’affaires, soit +123 % en volume et +44 % valeur d’après les statistiques de Business France (les hausses sont de 50 % en volume pour Hong Kong et 39 % pour Macao).

Un rebond statistique fortement ressenti par la place Bordeaux, après la traversée du désert qu’aura été l’année 2020, covid oblige. « Dès janvier nous avons ressenti un frémissement [puis un arrêt]. Les premières commandes sont arrivées en août, mais les commandes ont commencé en novembre. Nous avons eu beaucoup d’expéditions en fin d’année, c’était assez violent en novembre et décembre. Et ça a continué en janvier » rapporte Roland Coiffe, à la tête du négoce Roland Coiffe & Associés. Réalisant 40 % de son activité en Chine élargie (Chine, Hong-Kong et Macao), le négociant spécialisé dans les grands crus classés note que les jours précédant le nouvel an chinois n’ont pas été marqués par une baisse d’activité, mais par de « nombreux échanges, très encourageants ».

"Les arbres ne montent jamais jusqu’au ciel"

Sur ses 200 interlocuteurs facturés ces dernières années, Roland Coiffe note cependant que la moitié n’a pas passé de commande en 2020. « On sent une concentration des opérateurs. Le phénomène est fréquent en chine, avec une explosion puis un resserrement du nombre d’importateurs » analyse le négociant, qui ne veut pas s’emballer. « Les arbres ne montent jamais jusqu’au ciel. Dans une phase haussière on peut avoir l’impression d’un décollage, mais rien n’est jamais facile. Ce n’est pas parce que nous venons de vivre trois très bons mois par rapport aux neuf précédents que nous sommes repartis sur une période fantastique comme 2010-2011 » pondère Roland Coiffe.

Pour ce début d’année 2021, les vins de Bordeaux peuvent appuyer leur reprise en Chine sur les 120 % de droits additionnels qui touchent leurs concurrents australiens. Jusqu’ici, les négociants bordelais peuvent donc répondre aux vœux de leurs clients chinois par « 新年快 (bonne année) ».

 

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