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11 nouvelles communes
Une progression inquiétante des jaunisses en Bourgogne

Le bilan provisoire de la campagne de lutte 2020 fait état d'un rebond important des cas de flavescence dorée comme de bois noir. Une tendance qui inquiète et amène à expérimenter de nouvelles stratégies.
Par Clément L'Hôte Le 25 janvier 2021
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Une progression inquiétante des jaunisses en Bourgogne
En 2020, des pieds contaminés par la flavescence dorée ont été détectés dans 39 communes bourguignonnes. - crédit photo : Fredon BFC
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es pieds contaminés par la flavescence dorée détectés dans 39 communes, dont 11 nouvelles rien qu’en 2020. En Bourgogne, la dernière campagne de lutte contre les jaunisses révèle une situation préoccupante qui se détériore depuis la troisième année consécutive.

Principal sujet d’inquiétude : la Saône-et-Loire. Le foyer historique du Mâconnais, découvert en 2011, avait régressé lors des premières campagnes. Il est à nouveau en extension. D’une manière globale, « on trouve de moins en moins de communes épargnées sur l’axe Mâconnais-Beaujolais», observe Sylvie Jacob, de la Fredon Bourgogne-Franche-Comté.

Plus au nord, quelques premiers cas positifs ont été détectés, avec un cep dans le Dijonnais et un autre dans le secteur des Pouilly-Fumé. À surveiller, même si «le génotypage des prélèvements reste à effectuer, pour savoir de quel type de flavescence il s’agit », tempère Sylvie Jacob.

Bois noir sur chardonnay

Le bois noir, qui présente les mêmes symptômes que la flavescence mais ne se transmet pas de cep à cep, s’est également particulièrement exprimé en 2020. « Il est largement présent sur chardonnay et prend également des proportions inquiétantes».

Un phénomène explosif dans certaines localités. « C’est à prendre en compte car en plus d’impacter le vignoble, la maladie masque la flavescence dorée.»

Comment réagir ? Pour Jean-Philippe Gervais, directeur du pôle technique du Bureau interprofessionnel des vins de Bourgogne (BIVB), «on doit prospecter plus, mais ce ne sera pas suffisant. Il faut qu’on arrive à changer d’organisation ». Avant ce bilan 2020, l’interprofession avait déjà entamé des essais de nouvelles stratégies, au-delà des trois piliers actuels (qualité du matériel végétal / prospections et arrachage / traitements).

Investir dans les capteurs

Parmi ses espoirs : l’application Vigie Bourgogne, développée avec l’Inrae et déjà expérimentée cette année. «C’est comme Stop Covid : on peut signaler un pied avec son téléphone, en dehors des prospections. Puis les techniciens viennent pour analyser. »

Autre piste : « des techniques d’imagerie installées sur drone ou sur machine à vendanger nous permettraient de scanner le vignoble, et ainsi de prioriser les zones à prospecter ». Le BIVB est en contact avec trois entreprises.

« Cela commence à être concluant. Les capteurs permettent de dire s’il y a une anomalie, mais sans encore préciser si c’est de la flavescence. On se dit qu’il faut investir là-dedans. On va intensifier les tests. » Lors de la campagne 2021, des drones parcourront certaines parcelles bourguignonnes.

 

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