LE FIL

De plus en plus régulièrement

Les cavistes s’inquiètent d’arrêtés préfectoraux limitant la vente de vin

Vendredi 22 janvier 2021 par Alexandre Abellan

« On se savait diabolisé par le ministère de la Santé, mais maintenant c’est aussi à l’Intérieur » alerte Patrick Jourdain.
« On se savait diabolisé par le ministère de la Santé, mais maintenant c’est aussi à l’Intérieur » alerte Patrick Jourdain. - crédit photo : SCP
Les initiatives départementales se multipliant pour interdire la vente de boissons alcoolisées, le syndicat des cavistes alerte la filière sur les politiques publiques suivant ostensiblement des préceptes hygiénistes.

« Nous cavistes sommes de plus en plus confrontés à des attitudes de plus en plus hostiles à la consommation de boissons alcooliques de la part des pouvoirs publics de notre pays, que ce soit au niveau national ou de plus en plus régulièrement au niveau local » pose Patrick Jourdain, le président du Syndicat des Cavistes Professionnels (SCP) lors des questions diverses du conseil spécialisé de France Agrimer ce 20 janvier. Alors que la préfecture de Seine-Saint-Denis vient d’interdire la vente à emporter de boissons alcoolisées pendant le couvre-feu, le caviste appuie ses inquiétudes sur le souvenir encore cuisant des six arrêtés préfectoraux interdisant la commercialisation d’alcool le 31 décembre 2020 (Côtes-d’Armor, Ille-et-Vilaine, Puy-de-Dôme, Pyrénées-Orientales et Rhône).

La Saint-Sylvestre compte parmi les journées les plus commerçantes de l’année rappelle Patrick Jourdain. Le commerçant garde d’autant plus en travers de la gorge l’annonce le 30 décembre à 22 heures d’une interdiction préfectorale dès le 31 décembre à 6 heures touchant son point de vente dans le Puy-de-Dôme (où des gendarmes sont venus veiller à sa fermeture, rapporte-t-il).

Hygiénisme anglosaxon

Parlant au nom des 5 800 cavistes de France (indépendants et franchisés recensés en 2019), Patrick Jourdain se tient sur la défensive ce début 2021. Le caviste s’inquiète que « le personnel des préfectures s’habitue à prendre ce type d’arrêtés […] sous prétexte (et le terme prétexte est important) d’éviter d’éventuels débordement ou troubles à l’ordre public ». Alors que le dry-january est en cours, Patrick Jourdain craint une infusion dans les pouvoirs publics d’une vision hygiéniste anglosaxonne.

Pour ne pas dire une diabolisation de l’alcool qui repose sur la « désignation [des vendeurs d’alcool] comme les grands méchants, avec une forme de dénonciation morale de notre activité jugée dangereuse » pointe le caviste, ajoutant que « c’est bien pratique, pour se couvrir […] au lieu de solutionner les raisons du mal être social qui justifierait plutôt les débordements qu’ils craignent mais ça c’est un autre sujet… »

"Ce qui nous inquiète aussi…"

Alors que des mesures anti-alcool sont à l’étude du prochain plan décennal de lutte contre le cancer (dont les conclusions seront dévoilées ce 4 février par le président de la République), « ce qui nous inquiète aussi, c’est que pour la Saint-Sylvestre, c’est apparemment le ministre de l’Intérieur lui-même qui aurait donné la consigne générale et désigné l’alcool comme fauteur de troubles potentiels… » alerte Patrick Jourdain.

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VOS RÉACTIONS
maury françois Le 22 janvier 2021 à 19:18:10
Quand on écoute les conseils du "gouvernement" dans les médias , il nous dit de ne pas dépasser deux verres d'alcool par jour, mais de quel alcool ? Du cidre à 4% ou de l'éthanol à 96% ?? Il faudrait qu'ils retournent en fac des sciences plutôt qu'à l'ENA ces clowns!!!!! Et l'ordre des médecins n'a pas réagi ?? Bonne année, François Maury, oenologue en retraite
salvat Le 22 janvier 2021 à 17:02:37
le gouvernement veule faire quoi nous détruire? on vend de moins a moins le vins, on fais quoi des terre le vignes et tous le reste?
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