LE FIL

Enquête nationale

L’utilisation du cheval en viticulture en chiffres

Mardi 15 décembre 2020 par Marion Bazireau
Article mis à jour le 17/12/2020 10:54:36

68% des domaines ayant recours à la traction équine sont certifiés en agriculture biologique. Beaucoup de viticulteurs travaillent également en biodynamie.
68% des domaines ayant recours à la traction équine sont certifiés en agriculture biologique. Beaucoup de viticulteurs travaillent également en biodynamie. - crédit photo : Pixabay
En France environ 3% des viticulteurs utilisent le cheval pour entretenir leurs parcelles. Cela concernerait 20 à 30 000 hectares. L’IFV et d’autres partenaires ont mené l’enquête au travers du projet Equivigne pour faire le point sur la pratique.

« Depuis quelques années nous observons un regain d’intérêt pour la traction équine de la part de viticulteurs qui souhaitent utiliser moins d’intrants chimiques, d’énergie fossile et préserver leurs sols du tassement et de l’érosion » a indiqué Clémence Bénézet, ingénieur de recherche en traction équine à l’Institut du cheval et de l’équitation (IFCE) ce 11 décembre lors du colloque Cheval en vigne diffusé sur Youtube.

L’Institut Français de la Vigne et du Vin (IFV), l’Institut de l’élevage (Idele) et l’IFCE ont travaillé ensemble pendant trois ans pour mieux appréhender l’ampleur du phénomène.

"68% des viticulteurs en agriculture biologique "

De la mi-mai à la mi-juin 2020, dans le cadre du projet Equivigne, ils ont d’abord mené une enquête en ligne, « auprès d’une population recensée mais non exhaustive de 300 viticulteurs mobilisant ou ayant déjà mobilisé le cheval pour travailler leur parcelle » a expliqué Clémence Bénézet. 96 viticulteurs y ont répondu. « 63% d’entre eux font appel à un prestataire, 30% ont leurs propres chevaux, et 7% font les deux ». 36 ont ensuite accepté un échange par téléphone.

68% des domaines ayant recours à la traction équine sont certifiés en agriculture biologique. Beaucoup de viticulteurs travaillent également en biodynamie. « Ils sont 22% à être certifiés Demeter, contre 0,5% du total des viticulteurs » a illustré Clémence Bénézet. Certains revendiquent aussi les labels Ecocert, Nature et progrès et Biodyvin.

85€/h en prestation

Les viticulteurs qui mènent leurs propres chevaux ont généralement des domaines plus petits, avec une médiane de 14 hectares, contre 20 ha pour ceux qui s’en remettent à un prestataire. « Mais ceux qui utilisent leurs animaux le font en moyenne sur près de la moitié de leur exploitation alors que les prestataires n’interviennent que sur 17% des parcelles pour un coût moyen de 85€/h. »

Le cheval est principalement utilisé lors du buttage, du débuttage, et du décavaillonnage. Il sert aussi au griffage des rangs étroits, au passage d’interceps, et à l’entretien des plantiers et vieilles vignes qualitatives conduites en gobelet. Il a l’avantage de pouvoir rentrer dans toutes les parcelles et par tous les temps.

"+40% de l’activité biologique du sol "

Et il améliore la portance et la santé des sols. « C’est en majorité pour cette raison que les viticulteurs troquent le tracteur contre l’animal, en plus d’apprécier son contact » a poursuivi Garance Marcantoni, conseillère viticole à la Chambre d’agriculture du Var. « Les sabots n’ont pas autant d’impact que les pneus d’un tracteur, limitant le tassement. Le cheval ne créé pas non plus de vibrations, et il ne déplace que de petites quantités de terre, ce qui fait que même dans les régions où les pluies sont violentes, comme en Méditerranée, il limite considérablement l’érosion. »

Plusieurs études ont aussi montré que le remplacement du tracteur par le cheval s’accompagne d’une augmentation de 40% de l’activité biologique du sol au bout de trois ans, et d’une baisse de 30 à 90% les risques de pollution.

"Seuls 10 viticulteurs ont augmenté leurs prix de vente "

L’enquête a mis en évidence un fait surprenant. La traction équine n’est pas valorisée par les viticulteurs. Ils ne sont que 41% à en faire un outil de communication et 13% à en faire une activité oenotouristique. « Et seuls 10 nous ont indiqué répercuter le coût du cheval sur le prix de leurs bouteilles, avec des augmentations de prix variant de 1,5€ à 65€ » a affirmé Garance Marcantoni. 

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