LE FIL

Campagne 2020/2021

En Languedoc, le vin en vrac bio au défi de l’augmentation de l’offre

Vendredi 02 octobre 2020 par Marion Ivaldi-Sepeau
Article mis à jour le 05/10/2020 11:28:21

Les prix du vrac bio en chardonnay ont atteint des sommets lors de la dernière campagne.
Les prix du vrac bio en chardonnay ont atteint des sommets lors de la dernière campagne. - crédit photo : Marion Sepeau Ivaldi
Alors que la crise du Covid augmente la demande en vin bio par la grande distribution française, le positionnement de l’offre des vins bios du Languedoc doit maintenir un cap entre prix rémunérateurs et réalité du marché.

C’est la douche froide pour certains producteurs de vins bio. Alors que les courtiers tournent peu dans les vignobles, le négoce propose des prix à la baisse sur les vins en vrac bio du Languedoc, rapporte un viticulteur qui préfère garder l’anonymat. « On m’annonce des prix de 40 à 50 euros/hl de moins que l’an passé. On me dit qu’il faut revenir aux prix 2017 » s’étrangle ce vigneron qui commercialise sa production en vrac et bouteille. Alors que le mildiou, l’oïdium ont réduit la production de certains vignerons bios du Languedoc, la baisse des tarifs a du mal à passer. Un autre vigneron joint par téléphone est pour sa part plus nuancé : « il y a un négoce qui travaille historiquement les vins bios. Celui-là maintient les prix. En revanche, le négoce qui travaille les vins en conventionnel et les vins bios met la pression sur les prix ».

Arrivée de nouveaux volumes

Après des années d’euphorie sur les prix des vins en vrac bio, la campagne 2020/2021 viendrait-elle mettre un coup de frein sur la croissance des cours que certains jugent spéculative ? Cette nouvelle campagne 2020/2021 voit l’arrivée importante de nouvelles surfaces bio à un moment où le marché du vin est secoué par la crise du Covid et les différents aléas à l’export. « Cette année, les surfaces en bio augmentent d’une quinzaine de pourcent. Parallèlement à l’entrée en production de ces nouvelles vignes en bio, la production a affronté des conditions sanitaires délicates qui a limité la production. Le rendement moyen est de 45 à 50 hl/ha» indique Nicolas Richarme, président de SudVinBIo. Mais, rappelle-t-il, « il y avait un déficit de l’offre de 20 % par rapport à la demande. L’apport de nouveaux volumes vient juste combler ce déficit ».

Mais l’affaire n’est pas que conjoncturelle. Elle est aussi structurelle. « Les vins bios du Languedoc appartiennent à la catégorie des « Daily friendly wine ». Avec la hausse des cours, nos vins sont en train de sortir du segment de prix associés à cette catégorie » observe Claude Vialade, des Domaines Auriol, qui se voit contrainte de rogner sur ses marges pour maintenir ses positions commerciales sur les marchés scandinaves. L’offre languedocienne affronte une concurrence espagnole sur les vins en vrac bio qui s’avère très compétitive. Infléchir les prix, c’est aussi conserver des débouchés pour l’origine languedocienne. « Mais attention à ne pas trop jouer sur la baisse des prix. Les producteurs bio acceptent davantage de risques sanitaires que les conventionnels (flavescence dorée, dose de cuivre…) parce qu’il y a un retour financier. Une baisse des prix n’est pas forcément un bon calcul car cela pourrait conduire à des déconversions, donc à un déséquilibre de l’offre et de la demande et une nouvelle pression sur les prix » prévient Nicolas Richarme.

Créer une image écologique

Se plaçant au-delà de la question du pilotage de l’offre et de la demande, Claude Vialade plaide pour une refondation de la stratégie régionale. « La Gironde est devenue le premier département français en termes de surfaces de vignes conduites en bio, rappelle-t-elle. Or, le Languedoc a tous les atouts climatiques pour s’imposer en bio. Par ailleurs, notre région n’a pas d’image. Il faut en créer une ! ». Celle-ci pourrait bien se trouver dans une image « écologique », qui rassemble des vins bios et toutes les productions propres « HVE, sans sulfites, vegan… ». Cette image, est selon la négociante et productrice, « exclusive car personne ne se l’est encore appropriée, elle est représentative et fédératrice car elle s’applique aux vins de France, aux IGP et aux AOP». Pour la construire, Claude Vialade voudrait que tous les acteurs territoriaux se l’approprient : les interprofessions mais également les parcs naturels, les acteurs du tourisme, de l’alimentaires, Sud de France… Et de rêver d'aller plus loin : « cette image pourrait se bâtir avec l’Espagne afin de faire reconnaitre mondialement l’arc méditerranéen comme une région propre ». Une idée qu’elle souhaiterait concrétiser lors d’Etats Généraux du bio organisés à Montpellier et Barcelone. Une idée à concrétiser.

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Galatee Le 07 octobre 2020 à 07:11:12
Salut 👋 Claude Quand en 1989 Lionel Faivre faisait certifier 125 hectares en Corbières en Bio, il était juste dans l’air du temps et la majorité ne comprenait pas encore ce qu’il se passait. Avant tu faisais sans produits chimique de synthèse ... Aujourd’hui tu fais sans intermédiaires ! Quand en 2020, moi sa fille 👧 avec un Club de vignerons déployons la nouvelle économie du vin 🍷 sans Salons, sans Journalistes, sans graphistes, sans webmaster, sans importateur ou revendeurs nous vendons en direct direct consommateurs meme avec le Brexit à Londres. Alors franchement les gars, il est temps d’aller chercher les bonnes infos ℹ️ Dans nos Club on a plein de champenois, de bourguignon et de bordelais et 1 seul languedocien ? Why ? Plus d’infos sur la chaîne YouTube iD ViN School 🍷👌🗽
VINIFERA Le 02 octobre 2020 à 20:54:07
Belle philosophie ! Les autres producteurs bio seraient donc des gros porcs ! Il y a autant de bons producteurs, propres, et de M... dans le Languedoc et en Espagne qu'en Alsace, à Bordeaux ou en Pays de Loire. Peut être est-ce les relations croisées de Mme Vialade avec les vins Espagnols, via Tortora Vinos, qui motivent de tels espoirs de reconnaissance.... commerciale Il est toujours plus facile de vendre son vin, Français ou Espagnol, en prétendant que celui des autres est moins ... propre. Plus blanc que blanc, ça ne vous rappelle pas quelqu'un ?
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