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Vins du Médoc

5 recours contre le classement des crus bourgeois

Lundi 28 septembre 2020 par Alexandre Abellan

Les propriétés classées représentent 28 millions de cols/an et 31 % de la production médocaine de vin.
Les propriétés classées représentent 28 millions de cols/an et 31 % de la production médocaine de vin.
S’attendant à des attaques, le nouveau classement médocain est servi : des propriétaires le poursuivent devant le tribunal administratif de Bordeaux.

Sans surprise, mais peut-être pas sans impatience. Ce 24 septembre, l’Alliance des Crus Bourgeois du Médoc reçoit cinq recours au tribunal administratif de Bordeaux concernant son dernier classement quinquennal (distinguant 249 châteaux de la rive gauche de Bordeaux). « Nous avons toujours imaginé qu’il y aurait des recours, il aurait été étonnant qu’il n’y en ait pas. Ce n’est pas que cela nous fasse plaisir… Nous allons savoir si nous avons bien travaillé » pose Olivier Cuvelier, le président de l’Alliance des Crus Bourgeois du Médoc.

Quatre propriétaires insatisfaits poursuivent le classement : les châteaux Bégadan (plus classé), La Grave (plus classé), Lalaudey (cru supérieur), Moulin à Vent (plus classé) et le château Rollan de By (retiré de la procédure du nouveau classement). « Nos avocats sont sur le coup, ils semblent sereins » indique prudemment Olivier Cuvelier, ajoutant avec plus d’assurance que « les Crus Bourgeois ont organisé le classement, qui a été réalisé par un jury indépendant, sous le contrôle d’un organisme indépendant ».

"Le droit et la justice"

Une approche qui n’est pas du goût de tous. « Ce n’est pas à l’Alliance de dire le droit et la justice » contre-attaque Patrick Ménard, le propriétaire du château Lalaudey, qui ajoute n’avoir rien à dire de plus sur la procédure. Plus loquace, Jean Guyon, à la tête des domaines Rollan de By (192 ha et 1,2 million de cols, dont trois autres crus bourgeois : châteaux Greysac, Tour Séran et la Clare) déclare regretter cette attaque en justice. « C’est malheureux qu’à Bordeaux il y ait un tel bazar à chaque classement. Je suis embêté de contester, mais je ne veux pas être pénalisé si de futurs appels d’offre se limitent aux crus bourgeois exceptionnels » ajoute Jean Guyon, en faisant un enjeu de survie économique et de principe.

« Je conteste les compétences du jury de QualiBordeaux pour établir ce classement. Ils peuvent dire si un vin est franc, loyal et marchand. Mais comment ont-ils été formés pour dire qui est exceptionnel ? Le jury est indépendant, mais qui l'a nommé ? Le bureau [de l'Alliance] » précise-t-il, trouvant « gênant que sur les 14 crus bourgeois exceptionnels attribués, 8 appartiennent à des administrateurs de l'Alliance ».

Sérénité de l'Alliance

A date, « nous n’avons pas d’inquiétude majeure, l’Alliance n’intervient pas dans le classement » évacue Jenifer Mathieu, la directrice générale de l’Alliance. Maintenant que les attaques contre le classement sont lancées, l’Alliance n’est plus dans l’inconnu. Du moins en termes de procédure, le tempo judiciaire restant mystérieux. « On peut imaginer que le prochain classement [dans cinq ans] arrive sans qu’il y ait eu de décisions définitives sur ces recours » conclut Olivier Cuvelier.

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