LE FIL

Résilents

Les vins IGP du Languedoc ont bien résisté à la crise

Mardi 18 août 2020 par Michèle Trévoux

Les vins IGP, en particulier les vins rosés, limitent la casse dans un contexte de baisse de ventes de vin liée à la crise de la Covid-19.
Les vins IGP, en particulier les vins rosés, limitent la casse dans un contexte de baisse de ventes de vin liée à la crise de la Covid-19. - crédit photo : CC0 Creative Commons
Malgré la crise du Covid, la campagne a été active pour les IGP du Languedoc. Les contrats et sorties de chai sont très proches de ceux de la campagne précédente. Et les prix sont restés stables.

Les IGP du Languedoc ont tiré leur épingle du jeu au cours de cette campagne très particulière. Alors que les sorties de chai de l’IGP pays d’Oc ont connu un recul significatif durant le confinement en mars et avril, cet effet s’est estompé en mai et un fort rebond a été constaté au mois de juin. A fin juin, l’impact de la crise sanitaire est finalement très limité : les sorties de chai sont en recul de 1,3 % soit une perte de -76 900 hl par rapport à la campagne précédente, avec toutefois de fortes disparités en fonction des couleurs : le rouge recule plus sensiblement (-3,6%), le blanc est stable et le rosé est en croissance par rapport à la campagne 2018/2019 de 1.9 points. A fin avril, les ventes en GD (1,9 million d’hl) étaient en progression de 2,4% avec une très forte poussée des ventes en drive (+34%).  Pour ce mode de vente, les BIB sont les grands gagnants : ils représentent 85% des gains de volume vendus en drive.

Des contrats équivalents à la campagne précédente

Côté contractualisations, les volumes sont équivalents à ceux enregistrés lors de la campagne précédente (4,8 millions d’hl en conventionnel). Là encore, on constate une légère différence selon les couleurs : les rouges sont en léger recul à 2,18 millions d’hl (-2,5%), alors que les rosés continuent à progresser (1,48 million d’hl, soit +1,7%), les blancs enregistrent une croissance de 3,5% avec 1,18/hl million d’hl. Le prix moyen toutes couleurs confondues, est en progression de 1,4% à 92€/hl. Cette hausse est tirée par celle du rosé, en croissance de 2,9% (89€/hl). Le rouge est stable à 90 €/hl. Le prix du blanc s’élève à 99 €/hl (+1,5 %).

L’estimation des stocks de fin de campagne est plus complexe cette année du fait de l’instabilité des marchés et de l’incertitude sur les volumes qui sont partis ou vont partir à la distillation. D’après les estimations d’InterOc, il semblerait que seul le stock rouge augmente (1,9 million d’hl soit 8,5 mois de commercialisation), et que les stocks de blanc et de rosé seraient en adéquation avec un passage de relais sain avec le prochain millésime, à savoir 4 mois en rosé et 5 mois de commerce en blanc.

Les IGP de département (Gard, Hérault, Aude) ont également bien résisté. Toutes couleurs confondues, les volumes contractualisés progressent de 2% à 585 000 hl avec une stabilisation des rouges et des rosés et une belle progression des blancs (+17%) mais sur des volumes retreints (20 000 hl). Les prix sont restés stables en rouge (71 €/hl) et rosé (77,7 €) et progressent de 8% en blanc (87 €). En revanche, les IGP de territoire accusent un recul de 10% du volume des transactions (198 000hl), avec des prix stabilisés (75€/hl). 

"Des sorties record en juin et juillet"

Bon an mal an, la campagne a donc été plutôt satisfaisante comme en témoigne la cave de Pazac. Cette petite coopérative gardoise qui produit 15 000 hl par an dont 60 % de rosé, a plutôt bien traversé la crise sanitaire. « Nous avons connu une très forte activité au caveau. Nous étions les seuls ouverts pendant le confinement. Nos ventes ont progressé de 20 à 25%. Nos expéditions sur la Chine ont été retardées mais elles ont repris en juin. Tous nos rosés sont vendus. Nous avons demandé la distillation pour 230 hl seulement, afin d’éliminer des vins abimés. Nous avons une trésorerie comme jamais », se réjouit le directeur Jean-Louis Boyer. A Puilacher, grosse coopérative de la vallée de l’Hérault qui récolte 200 000 hl par an, le président est également soulagé. « Notre cœur de marché, c’est la GD, un segment de marché qui a bien fonctionné : les sorties ont été importantes de novembre à janvier. Nous avons subi un tassement d’environ 30% de mars à mai. Mais les sorties sont reparties très fort en juin et juillet où nous avons atteint des records. Nous avons souscrit à la distillation par solidarité avec ceux qui avaient défendu cette mesure, mais nous avons livré très peu de vin (1000 hl). Notre trésorerie est correcte. Nous avons plutôt bien traversé cette crise », témoigne-t-il.

RÉAGISSEZ A L'ARTICLE

Recopier le code :
Processing
Voir toutes les réactions
© Vitisphere 2020 - Tout droit réservé