LE FIL

Distiller l'idée d'un renouveau de l'offre vin

Vendredi 05 juin 2020 par Marion Ivaldi-Sepeau

Les vieilles recettes de la distillation sont donc dans les starting-blocks. Certains, qui en connaissent les rouages pour en avoir critiqué les méfaits, en sorte satisfaits. Le Covid-19 aura ainsi le mérite d’être un parfait écran de fumée sur les failles saillantes de certaines catégories de vin. La distillation était déjà réclamée par quelques-uns avant la Pandémie, on se souvient ainsi des réunions en catimini durant Wine Paris en février dernier. Le remède ne peut être simplement d’envoyer des hectolitres à la chaudière. Ceux qui ont déjà vécu ce mode de gestion des surplus le savent parfaitement. Le virus a donc bon dos pour réclamer des soutiens. Reste que les questions qui heurtent ne sont pas traitées. Personne n’ose prendre la parole sur la question de l’offre, trop affairé à vider les cuves. On se limite à donner de la voix pour rappeler combien la filière doit affronter un contexte d’insécurité politique et économique. Pourtant, la vendange approche à grand pas. Elle s’annonce généreuse. Faut-il revoir le modèle de l’équilibre de l’offre ? Ces dernières semaines, le modèle de délocalisation de la production a été fortement mise en cause, tant l’épidémie a montré combien cela fragilise le Pays. Faut-il rester sur ce modèle dans la filière vin ? Continuer à importer les vins d’entrée de gamme ? Il est sans doute l’heure de se poser la question de la dépendance de la France aux importations sur ce segment, surtout dans un contexte de surplus.

 

 

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Cognac XO Le 09 juin 2020 à 01:02:13
Ah!....La distillation....On connaît bien ça ce dans ma région (Cognac évidemment....). Que n’ai je pas entendu à une époque que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître...Petit florilège : « À Cognac, le vin est tellement degueulasse qu’on le distille pour cacher la misère » ...ou bien encore : « vous ne savez même pas faire de vin que vous êtes obligés de le distiller »...et j’en passe et des meilleures... Nous aussi, il y a pas tout à fait 20 ans, la région était en crise et nous étions la risée des autres régions : nous étions des PARIAS.... et pour survivre, à Cognac, on faisait des jus de raisin la plupart du temps, ou des vins de pays tiers ( genre la Villageoise...)...Ce n’etait pas la panacée, mais ça aidait tant bien que mal à survivre... Mais le temps à passé, et le vent a tourné ...en notre faveur, au prix d’efforts communs du négoce et de la production, qui fait qu’aujourd’hui, le Cognac rayonne dans le monde ( sauf en France bien sûr....on y préfère le Whisky..) et est devenu un des principaux contributeurs de l’excedent Commercial de la France. Grâce a ce retour en grâce, Cognac n’est plus le vilain petit canard des vignobles français; notre région a su démontrer sa capacité à faire des vins de qualité pour la distillation, alliant acidité et finesse, pour fabriquer une des meilleures eaux-de-vie du monde ( si ce n’est la meilleure... ), au prix d’efforts de modernisation et de développement technologique important de la part des producteurs, soutenus par les maisons de négoces. Alors, qu’elle ne fut pas ma surprise d’entendre parler de distillation de crise, et ce avant le Covid-19, de la’ part d’autres régions ( Bordeaux notamment...) pour résorber les surplus....Dois-je comprendre que ces régions ne savent plus faire de Vin, à tel point qu’on est obligés de les distiller?.. Ou bien, les vins qui restent chez les producteurs sont ils si mauvais que la distillation est le seul moyen de les rendre buvables?.... Point de tout cela évidemment ( et pourtant...), juste un ( GROS...) problème de remise en cause et de recherche de valeur ajoutée... Je m’explique... Comme dit dans un de mes précédents commentaires sur Bordeaux, on a tellement voulu premiumiser les vins français pour leur donner une image de prestige, afin d’attaquer les marchés internationaux avec une étiquette « Haut de gamme », que l’on en a abandonné les marchés entrée de gamme ( surtout’en France...), créneau dans lesquelles ce sont engouffrés les Espagnols et les Italiens. Et aujourd’huI, les producteurs français pleurent car leurs ( bons...) vins leur restent sur les bras, et ils n’ont d’autres solutions que de les envoyer à la distillation. Balivernes que tout cela!...Ils faudrait juste qu’ils s’accordent à baisser leurs prétentions et d’etre moins gourmands sur leur marge, et de vendre leur vin à des prix abordables... (moins de 4€ la bouteille....). A partir de là, ce serait un retour sur les vins entrée de gamme, qui assurerait, à la longue, des débouchés pour tous les producteurs. Dans tous les cas, les régions viticoles en crise vont devoir se remettre en cause...et pas qu’a Cause du Coronavirus... Il va falloir réécrire les règles pour que tout le monde vive de sa passion et de son métier... Le mot de la fin à M. Gravegeal à la suite des droits de plantation demandés par Cognac : « Si vous veniez à produire trop, pas question de se rabattre sur les vins de pays tiers : vous en ferez du Bio éthanol, un point c’est tout... » A bon entendeur....
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